‹ Recueil d'opérasChapitre 386 sur 1141 · SCENE XI · texte numérisé non relu

SCENE XI

Les Précédens, EUDOXIE, sortant de t appartement à gauche.

ECD0X1E.

D'où vient ce bruit ?

DIMITRI,, Cctpercevant.

C'est elle 1 ahlle ciel m'entnadait.!

EUDOXIE, aux soldats.

Ou donc l'emmenez-vous ?

DIMITRI, d'un air indiffèrent.

Eh ! mais, je le suppose, A la mort 1

EUDOXIE

Grand Dieu 1 qu'a-t-il fait î DIMITRI, gaiment.

Je n'en sais rien ;

[Tendrement.) Mais qu'importe la cause De ma mort !.. je vous vois et je suis trop heureux 1

l'officier ET les SOLDATS.

Allons, partons!

DJMiTRi, les priant.

Un seul instant encore [A Eudoxlc devant tes soldats.) O vous qui connaissez la beauté que j'adore. Daignez pour moi lui faire mes adieux!

(A l'oQlcier qui fait un mouvement.) AL 1 vous le permettez !

(A Eudoxie.) Dites-lui que sans elle La vie était sans prix et sans charme à mes yeux! El que toujours fidèle A son doux souvenir , Mon cœur battra pour elle Jusqu'au dernier soupir !

ENSEMBLE

l'officier et les SOLDATS.

Allons, partons, il faut nous suivre Il faut obéir au devoir !

Le sort qui dans nos mains le livre Pour lui nous laisse peu d'cspoir !

Di.MiTRi. rci^ardant Eurodie.

Doux objet dont l'aspect m'enivre, Bonheur qui comble mon espoir I Qu'à présent je cesse de vivre, Le ciel m'a permis de te voir l

Sa

LIi MAfiASIN THÉÂTRAL

EI/DOXIF..

O ciel ! il va cesser de vivre , Et je ne dois plus le revoir !

Ah ! s'il meurt je saurai le suivre, De mon cœur c'est le seul espoir.

(Les soldats vont emmener Dimitri. Un grand bruit se fait entendre au dehors sur la place publique où donnent les fenêtres du palais.)

EUDOXIE

Écoutez ! écoutez !

DIMITUI.

J'entends le bruit des armes !

l'officier et les soldats.

Les cris des conibattans !

El'DfiXlE.

Tous mes sens sont glacés.' (On entend crier en dehors;) «Mort : mort à Golofkin ! »

EUDOXIE

O mortelles alarmes.

De mon époux les jours sont menacés !

Je cours à ses côtés ?

(Elle sort par le fond.) DIMITRI, aux soldats qui le retiennent.

Ah ! je vous en supplie , Près d'elle laissez-moi mourir I

LES SOLDATS

Non , non , tu resteras !

(Le bruit redouble en dehors.) Entendez-vous mugir Les flots tumultueux de ce peuple en furie! Les portes du palais ont tombé sous leurs coups , Et leurs chants de victoire arrivent jusqu'à nous.

(En ce moment, le peuple se précipite sur le théâtre, mêlé aux soldats. Les fenêtres du fond sont ouvertes ; on voit en dehors , à la lueur des torches , une des places principales de Saint-Pétersbourg.)

CHOEUR

Vive l'impératrice, Que proclament nos vœux Que chacun obéisse A son nom glorieux !

Vive l'impératrice.

Qui proclament nos vœux!

(Paraît Elisabeth , appuyée sur le bras de Lestocq et entourée de tous les conjurés.)

DIMITRI

Que vois- je ? Elisabeth ?

Que le peuple couronne , Et qui voit à ses pieds ses ennemis vaincus !

ELISABETH

Grâce pour eux! qu'on leur pardonne '.

Grâce pour Golofkîn !

(A Strolof.)

Courez vite !

STROLOF, froidement.

Il n'est plus!

DIMITRI, d part, avec joie, Ciel ! il n'existe plus I

LESTOCQ, à Strolof.

En as-tu l'assurance ?

STROLOF ,froidement.

Je m'en était chargé ! je l'avais retenu ! Un seul jour a payé vingt-cinq ans de vengeance!

ELISABETH

Je vous dois tout, Lestocq...

(Montrant les autres conjurés.)

Ainsi qu'à leur vaillance !

(Apercevant Dimitri , elle fait un geste d'émotion et

s'avance vers lui.) Et vous !.. vous dont le zèle à mon cœur est connu , Que puis-je faire ici pour voire récompense ? DmiTBI.

J'en veux une !

ÉLiiSABETH, tendrement. Parlez !

DIMITRI , hésitant.

C'est... non pas maintenant...

Mais plus tard... de daigner... me protégeant vous-

mên)e , Vous employer pour moi près de celle que j'aime, Près d'Eudoxie !..

ELISABETH, chancelant et s^appuyant sur Lestocq.

O ciel !

(A Lestocq avec un reproche douloureux. ) Oui vous m'avez trompée 1 LESTOCQ.

Oui!

Pour voir sur votre front briller le diadème ! (Lui montrant les soldats qui lui portent les

armes.) Votre règne commence!

ELISABETH à part, regardant Dimitri cl essuyant une larme.

Et les chagrins aussi !

CHOEUR

Vive à jamais !.. vive l'impératrice Que sur le trône appelaient tous nos vœux ! Houra ! houra ! que chacun obéisse Et que tout cède à son nom glorieux !

Vive l'impératrice 1

Que proclament nos vœux!

(Les tambours battent aux champs. — les trompettes sonnent, les cloches se font enlandre. — Li; peuple agite sss chapeaux, ses mouchoirs; et les soldats leurs drapeaux. — La toile tombe.)

FIN

tiupiiiiH ni: du J.-R. Mbvbbl, passage du Cuii«', 5i.

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