COMTE DE SALISBURY, FULBY, DEUX DAMES
DEUX Seigneurs de la soite.
LE COMTE, à la princesse.
Ah ! madame, quel événement !
LA PRINCESSE
Si madame voulait prendre quelque repos dans la maison de M. le shérif?
BOLBURY.
Ma maison et le peu que je possède sont au service de madame !
LA PRINCESSE
Je vous remercie , monsieur le shérif... je viens d'envoyer au palais.
BOLBURY', à part.
Au palais !
LA PRINCESSE
Et dans un instant tout sera réparé.
BOLBl-RY, à part.
C'est quelque dame de la suite de la princesse...
Si le roi savait que sa noble fiancée a couru ce 'l.uiger !,..
ACTi: 1, SCENE V.
BOLBURY, à part.
C'est la princesse elle-niênie !
LE COMTE
Quels seraient son ch;igrin et son inquiétude I... LA PRINCESSE.
Aussi, ai-je défendu qu'on le lui dise, car, en vérité, cela n'en vaut pas la peine... et notre royal époux a d'antres motifs pins sérieux d'inquiétudes et de craintes... Ces troubles aux portes de Londres... ce faux prince Edouard !
LE COMTE
Rassurez-vous... des ordres sont donnés partout... on est sur les traces de ce misérable... et bientôt...
BOLBURY, s'avançant
Il sera noire prisonnier... j'en réponds !...Son Altesse peut compter sur mon zèle, mon activité, mon énergie, mou courage !
LA PRINCESSE, regardant autour d'elle.
J'y compte , monsieur !... mais où sommesnous ici ?... moi qui arrive et qui ne connais point la belle ville de Londres... Quelle est cette place?
LE COMTE
Celle du Puits d'Amour !
LA PRINCESSE
Voilà un joli nom!
BOLBURY.
Trop joli pour un endroit sinistre !... Ce maudit puits est l'épouvantail de tout le quartier... Depuis long-temps nos habitans demandent qu'il soit comblé... mais le feu roi et notre nouveau souverain lui-même, à ce qu'on dit, n'ont jamais voulu permettre...
LA PRINCESSE
Et pourquoi cela ?
LE COMTE, vivement.
Sans doute parce que c'est un débris curieux d'antiquité, auquel se rattachent de vieilles traditions !
LA PRINCESSE, Souriant.
Mais qu'a fait ce pauvre puits pour exciter tant de haine et de colère ?
BOLBURY.
D'abord, on assure que, la nuit , on a vu souvent sortir de là de grands fantômes qui se répandaient par milliers dans la ville !
LA PRINCESSE , riant.
De grands fantômes I... Cela devient fort amusant...
FULBY , riant.
Comment , monsieur le shérif , vous pouvez croire...
BOLBURY.
Oh ! moi , je ne crois pas aux fantômes... je suis un esprit fort... c'est connu !
LA PRINCESSE , le regardant en souriant. Ah !
LE PUITS D'AMOUR
BOLBIRT.
Muis je puis ulliimer à Son Altesse, qu'un soir, il y a un mois à peine, j'ai entendu là des bruits souterrains et d'honibles éclats de rire qui semblaient partir de l'enfir !
LA PRINCESSE, Souriant.
S'il en est ainsi, pourquoi donc ce nom de Puits d'Amour?
FULBY.
Parce qu'autrefois , dans un désespoir amoureux, une jeune fille s'j' est, dit-on, précipitée... C'est une ancienne léj^ende!
LA PRINCESSE
Que monsieur Fulby , le fauconnier , connaît sans doute?