SCÈNE X
[GÉRALDINE , FULBY.
GÉRALDINE , entrant tristement.
De mon Tony pas de nouvelle!
FULBT, revenant , à part.
Que vois-je ! c'est elle ! c'est elle 1
GÉRALDINE , à part.
Il me faut attendre à demain !
FULBT, à part.
Quelle est jolie ! oui, ce serait dommage De la tromper... de flétrir son destin !
GÉRALDINE, à part.
Mais je ne sais... un sinistre présage En cet instant augmente mon chagrin !
FULBT , à part.
La voilà seule... A remplir mon message Je puis songer... sans remettre h demain !
ACTli I, SCÈNlî XI.
ENSEMBLE
GÉRALDINE, à part.
Oui. malgré moi de sinislres présages Viennent, hélas! augmenter son chagrin!
Pour lui je crains les flots et les orages 1 Mon Dieu ! mon Dieu ! veillez sur son destin !
FULBY, à part.
J'hésite encore... allons, prenons courage ! Un noble but doit m'inspirer soudain...
C'est pour sauver son honneur du naufrage, Qu'il faut hélas ! lui causer du chagrin ! 'CLBY', arrêtant Géraldine qui va pour entrer dans la
maison de Bolhury.
Jn mot, ma chère enfant !
GÉRALDINE, avec quelque effroi.
C'est vous, monsieur le page I Si tard, que cherchez-vous ici ?
Fl'LBY.
Vous 1
GÉRALDINE
Moi !
FULBY.
Je viens vous parler d'un amil GÉRALDINE, avec surprise.
D'un ami?...
FDLBY.
De Tony !
GÉRALDINE,' vivement.
Il se pourrait... vous connaissez Tony?
FULBY.
Uant d'être à la cour, avec lui j'ai servi! Nous étions du même équipage !
GÉRALDINE, vivement.
*\eTiendra-t-il bientôt de son lointain voyage ? ' FULBY, hésitant et avec précaution.
')e sa part... tout à l'heure, on m'a remis ce gage
'our vous!
(Il lui présente la bague.)
GÉRALDINE, la prenant, avec angoisse.
Dieu ! mon anneau ! mon espoir est trahi !
Tony, ne m'aime plus !
(Elle s'assied sur le banc.)
FULBY, lui prenant la main.
Ayez force et courage !
Et ne doutez jamais de lui !
REPRISE DU MOTIF DE LA ROMANCE, u Par l'amour qu'il vous fit connaître , » Tony ne doit plus s'animer...
» Apprenez qu'il a cessé d'être, j Mais sans jamais cesser de vous aimer ! » iÉRALDiNE, altérée, et d'une voix étouffée, à part. Tony ! Tony ! pauvre Tony !
Tour moi, pour moi, tout est Uni !
FULBY, s'approchant d'elle.
Si je pouvais calmer le trouble où je vous voi I GÉRALDINE.
Non, non, c'est inutile; Je suis calme, tranquille...
Laissez-moi ! laissez-moi !
FULBY, ù part.
Et moi qui m'attendais à des cris, à des larmes !
Je me rassure et vois déjà Que la jeune beauté bannissant ses alarmes,
Bientôt se consolera, romme tant d'autres, oui, elle se calmera !
(Il sort en souriant.)
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