‹ Recueil d'opérasChapitre 407 sur 1141 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

GÉRALDINE, LE COMTE, se tenant d'abord à l'écart.

DUO

GÉRALDINE, à peine revenue à elle, et s'avançant sur le théâtre.

Oui, j'ai juré de le suivre, De revoir mon doux omi !

Là haut je ne pouvais vivre.

Mon cœur était avec lui!

( Elle se retourne, aperçoit le comte, pousse un cri et court dans ses bras. )

C'est lui!... c'fst lui... le ciel exauce ma prière !

LE COMTE, la regardant avec amour.

Pour moi, ma bien-aiméea donc quitté la terre?

GÉRALDINE

La vie était sans toi plus triste que la mort, Et je viens de mourir pour partager ton sort.

LE COMTE, à part.

Ah ! que sa douce erreur, pour mon cœur a de charmes !

GÉRALDINE

Quoi ! tu pleures!., doit-on connaître ici les larmes ?...

LE COMTE

Des larmes de bonheur!

GÉRALDINE, regardant le comte qui est couvert de riches habits.

Mais quel air radieux ! Tony le matelot, si pauvre encor naguère !

LE COMTE, la serrant dans ses bras.

Est heureux maintenant.

GÉRALDINE

Oui, qui souffre sur terre, En est récompensé, je le vois, dans les cieux !

ENSEMBLE

GÉRALDINE, en extase.

0 vue enchanteresse !

C'est ici le séjour De l'éternelle ivresse, De l'éternel amour !

O volupté suprême !

O volupté des dieux!

Je revois ce que j'aime ; Pour moi s'ouvrent les cieux !

LE COMTE

0 vue enchanteresse !

C'est ici le séjour De l'éternelle ivresse, De l'éternel amour !

O volupté suprême !

O volupté des dieux !

Oui, pour celui qui t'aime Le ciel est dans tes yeux !

LE COMTE, à Géraldine, dont les genoux fléchissent. Quoi! tu chancelles!

GÉRALDINE

Oui, tant de bonheur m'oppresse...

Et près de toi, mon seul trésor.

Je mourrais de joie et d'ivresse, Si je pouvais mourir encor !

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