SCÈNE III
GÉRALDINE, LE COMTE, se tenant d'abord à l'écart.
DUO
GÉRALDINE, à peine revenue à elle, et s'avançant sur le théâtre.
Oui, j'ai juré de le suivre, De revoir mon doux omi !
Là haut je ne pouvais vivre.
Mon cœur était avec lui!
( Elle se retourne, aperçoit le comte, pousse un cri et court dans ses bras. )
C'est lui!... c'fst lui... le ciel exauce ma prière !
LE COMTE, la regardant avec amour.
Pour moi, ma bien-aiméea donc quitté la terre?
GÉRALDINE
La vie était sans toi plus triste que la mort, Et je viens de mourir pour partager ton sort.
LE COMTE, à part.
Ah ! que sa douce erreur, pour mon cœur a de charmes !
GÉRALDINE
Quoi ! tu pleures!., doit-on connaître ici les larmes ?...
LE COMTE
Des larmes de bonheur!
GÉRALDINE, regardant le comte qui est couvert de riches habits.
Mais quel air radieux ! Tony le matelot, si pauvre encor naguère !
LE COMTE, la serrant dans ses bras.
Est heureux maintenant.
GÉRALDINE
Oui, qui souffre sur terre, En est récompensé, je le vois, dans les cieux !
ENSEMBLE
GÉRALDINE, en extase.
0 vue enchanteresse !
C'est ici le séjour De l'éternelle ivresse, De l'éternel amour !
O volupté suprême !
O volupté des dieux!
Je revois ce que j'aime ; Pour moi s'ouvrent les cieux !
LE COMTE
0 vue enchanteresse !
C'est ici le séjour De l'éternelle ivresse, De l'éternel amour !
O volupté suprême !
O volupté des dieux !
Oui, pour celui qui t'aime Le ciel est dans tes yeux !
LE COMTE, à Géraldine, dont les genoux fléchissent. Quoi! tu chancelles!
GÉRALDINE
Oui, tant de bonheur m'oppresse...
Et près de toi, mon seul trésor.
Je mourrais de joie et d'ivresse, Si je pouvais mourir encor !