‹ Recueil d'opérasChapitre 437 sur 1141 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

DOMINICA, MUSCAGORY, MICHEL.

MuscAGORY. Eosilence... bien... trèsbien, mes amis. . .Comme ça déûle, comme ça manœuvre,, (j^s français, ils sont tous nés soldats. '" <

MICHEL. On dirait de vieilles moustaches! MCSCAGORT. Cc n'eslpas étonnant, je les commande, moi, basque de naissance et de cœur... moi, Muscagory, concierge inamoyiblo del'antique et célèbre château d'Urtuby, l'une des merveilles de laBasse->a- Tarre î Depuis que j'exerce, et voilà vingt ans. . .il aeu successivement dix maîtres au moins ce magnifique domaine! et cependant, le croirait-on, pas un n'a daigné le visiter.

DOMiNiCA. En vérité!...

MtiscAGORY. Pas uu seuI. . . c'est inimaginable, enfin Dieu soit loué.. . j'en tiens un. .. Il est arrivé, bien arrivé. . . et ce sera le premier visage de propriétaire avec lequel j'aurai l'honneur de me trouver face à face. . . quand je dis face à face. . . ce n'est pas encorebien sûr...

DOMINICA. Comment! il est ici, et il n'est pas sûr qu'il y soit. . .

MUSCAGORY. Ça VOUS étonne, ma. chère petite nièce, etc'estpourlant comme ça... Ce-jourd'hui, cinqde juillet, à trois heures de relevée, est entré au grand galop, dans la cour d'honneur, une voiture de poste... clic, clac!., six chevaux, deux postillons... c'est la première , à ma connaissance. . . deux jeunes gens très-élégans. . . deux parisiens, ça se voit tout de suite , quoique je n'en aie jamais vu. . . en descendent lestement. . . fort bien. . . ces Messieurs se présentent au nom du propriétaire, c'est très naturel.

DOMiKiCA. Alors, vous vous êtesavancé...

MICHEL. Vous les questionnez...

DOMINICA. Vous leur demandez leurs noms. . .

MUSCAGORY. C^cst cc qui vous trompe, je ne me suis pas avancé, je n'ai questionné personne, JQ n'ai demandé lenom depersonne... je sais seulement que l'un s'appelle Delmar.* .il a l'air d'un original., toujours

des mots à double entente o\\ le diable ne comprendrait rien, ni moi non plus...

quant à son compagnon de voyage. . .comment se nonime-t-il?.. c'est ce que j'ignore. . . à peine ai-je eu le temps de l'envisager. . . en arrivant , il s'est retiré dans cei appartement. (// désigne la porte à droite du spectateur.) mais ce n'est pas tout.

MICHEL ET DOMINICA. Ah! voyons. ..

MUSCAGORY. A peine l'inconnu était-il entré là. [Montrant le cabinet à gauche du spectateur) qn\\n autre monsieur, un blond, qu'on avait vu arriver par la petite porte du parc... se glisse fiirlivement vers le château .. je veux l'arrêter. . . l'interroger. . . Monsieur Delmar vient à lui. . . lui prend la main aflectueusement :t'Vousme l'aviei bien dit. .. charmante acquisition, mon cher, c'est une excellente eflaire », lui dit monsieur Delmar ( remarquez bien ceci)., puis, il hii parle à l'oreille, et enfin que pensez-vous qu'il en fait ?

DOMINICA. Dame. . .

MUSCAGORY. Il l'amène ici, l'introduit poliment dans ce cabinet... un instant après. .. crac. . . on met le verrou. ..et bon soir.

MfCHEL. De sorte que ces deux messieurs sont toujours-là.. .

MUSCAGORY. C'est-à-dire , ici, et là...

l'un des deux, à coup sûr est le propriétaire... il arrive incognito, il veut nous surprendre. .. est-ce le monsieur de gauche, est-ce l.e monsieur de droitePvyoila toute la question. . . mais je crois entendî^ la voix de M. Delmar.

DOMINICA. C'est lui-même. . .

MICHEL. Avec une belle dame. . .

MUSCAGORY. Une diime.. . une dame...

tute trompes. . . non, parbleu, il a raison...

ah ! ça, mais d'où nous lombe-t-elle cette

darne... je m'y perds. Vile, vite, sortez.

Dominiea et Michel sortent.

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