‹ Recueil d'opérasChapitre 439 sur 1141 · DELMAR, ELISE · texte numérisé non relu

DELMAR, ELISE

EqSE. ïkîfiis je ne reviens pas de ce que

vous me dites, mon cousin; quoi, Votre ami , monsieur Léon de Maineval est l' Li i 11 é ?. .

DELMAR. Oui , ma cousine. . .

ELISE. Que je le plain.s !. .

UELMAR. Vous, le pldiudre ! uu iii j;[ral , qui n'apas craint de vous oublier, lorsque vous aviez la bonté de renoncer pour lui aux douceurs du veuvage...

ELi.-E. Vous me comprenez mal. . . Je plains i'hotume malheureux, mais pour celui qui m'a si indignement trompée; je n'ai plus qu'iiidiiTérence ! comment! il iî ne lui reste rien de la riche succession que lui a laissée son oncle.

DELMAR , souriant, A peu près...

ELISE. Ce superbe château, que l'année dernière, dans son enthousiasme amoureux il voulait m'otiVir quand il deviendrait riche...où est-il maintenant ?

DELMAR. Vous le voyez.

ELISE. Quelle plaisanterie I

DELMAR Ce n'en est pas une; des huit cent mille francs de l'héritage , Léon en a dissipé la moitié; le reste, il me le remit pour 1k placer dans une maison de banque, mais je le connaissais, je prévoyais jusqu'où pourraient aller ses folies... je n'ai point suivi les intentions de mon ami et j^ai mieux aimé acheter pour lui, à son insçu, ce château et ses magnifiques dépendances^

ELISE. Ainsi donc , grâces à vous...

DELMAB. Il n'a pas tout perdu, mais il le croit... Mon ami, me suis-je écrié, lorsqu'il est venu m'annoncer son désastre : hélas! tout t'accable à la fois... ton banquier a fait faillite ce matin.

ELISE. La leçon est cruelle...

DELMAR. Uassurez-vons , la surprise que jelui ménage, en adoucira l'amerti'.me... Ce pauvre Léon! figurez-vous son désespoir; il se jette sur mes pistolets... j'appelle on le saisit... on l'embarque dans ma voiture, et, fouette cocher, je le conduis ici, dans son propre château... c'est, lui dis-je , l'accui?ilion toute récente d'un de mes meilleurs amis .. vous voyez que je ne l'ai pa^ trompé... aujourd'hui Je nouveau propriétaire en prend posssiun , et je veux te faire faire sa connaissance...

ELISE. Mais il vous aura demandé le nom du propriétaire...

DELMAR. Siius doute... mais poiot d'embarras , je l'ai nommé sans façon , le comte d'Lit'iby, c'est le nom de celte terre.

ELISE. Je me figure déjà l'élonnement Je votre ami... que fait-il en ce me ment ?..

DELMAR. 11 est là, dans cet apparlement ; il repose... Mais, ma cousine, que je vous remtjfcie encore d'avoir hiea voulu f sur

mon invifition mystérieuse , vous arrêter à ce rhâteau avant de vous rendre à Suint- Sauveur, et suspendre en ma faveur un voyage d'agrément.

ELISE. Un voyage de santé...

DELMAR. De santé, c'est juste, avec celte figure... comment donc, il y a même urgence.

ÉLISE. J'espère que vous allez me dire quel rôle m'avez destiné? que ce ne soit pas au moinscelui d'une femmcindulgente, car je vous en avertis, je suis furieuse contre monsieur de Maineval et je suis bien décidée à ne jamais lui pardoner.

DELMAR. Oh! ma cousine, on dit ces choses-là...

ÉLISE, gravement. Et on les pense, Monsieur.

Premier couplet.

DELMA.R.

Si trop souvent, amans co-n»*^!-;») Sexe charmant, nous t'oITensons, Nos torts, crois-moi, sont excusables, Car à toi seul nous les devons.

Ce que par dépit tu nous ôles Quand tu le rends nous y gagnons.

Sur tes bontés nous spéculons Et nous faisons beaucoup de fautes Pour avoir beaucoup de pardon».

Deuxième couplet.

ÉLISE

De ces messieurs c'est le langage :

« Oui j'eus des torts et je promets o Qu'à l'avenir je serai sage. »

Mais l'avenir ne vient jamais.

Dans leurs façons toujours plus hautes Ils en font tant quand nous cédons.

Qu'à nos bontés noua renonçons.

Hélas, Messieurs, pour tant de faute* Oii trouver assez de pardons,

DELMAR. Vous êtcs sévèrc.

ÉLISE. Je le dois. ..mais enfin à quoi puis-je vous être utile?

DELMAR. Vous saurcz tout... mais à condition que vous n'aurez pas moins de discrétion qu'un de mesamiscomme vous nécessaire à mon plan et que j'ai caché dans ce cabinet. . .

ÉLISE. Quels préparatifs! vous m'effrayez.

DELMAR. Je ne veux que le bonheur de Léon... {On entend crier derrière le théâtre: Vive monsieur le Comte!) Enîendez-vous déjà les paysans du domaine qui célèbrent l'arrivéedu prétendu comled'lJrtuby... On vient. . . c'est Léon sans doute.

ÉLISE. Sortons, sortons, je ne veux pas le voir.

Elle sort précipitamment et au moment où Delinar va pour la suivre, il est arrêté par Quimbel qui sort iDystèiieuseiiient du cabinet à gauche.

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