EDMOND
Comment! cette chaumière?
ROMANCE
PREMIER COUPLET
Le noble éclat du diadème N'a point, ici, séduit mon cœur; Et sur le front de ce que j'aime Je n'ai trouvé que la candeur.
Seize printemps forment son âge :
Et, pour mieux embellir ma cour, Elle a reçu dans ce village Le doux nom de Rose-d'Amour.
DEUXIÈME COUPLET
Simple et naïve bergerette , Elle règne dans ce vallon ; Elle a pour sceptre une houlette, Et pour couronne un chaperon.
A ses vertus on rend hommage ;
Quelques bergers, voilà sa cour :
Et tout bénit dans ce village Le doux nom de Rose-d'Amour.
EDMOND, riant.
A merveille, monsieur le comte, et je vois où tendent vos projets. Depuis le refus que vous avez fuit d'épouser la belle Zélindc, sœur du baron Rodolphe, dont les états louchent aux vôlres, et depuis que ce seigneur irrité vous a juré un guerre éternelle, tous ses exploits se sont bornés à quelques daims tués sur vos terres, à l'enlèvement de quelques femmes de vos bons vassaux , qu'il rend toujours fidèlement pendant la trêve ; et vous voulez aujourd'hui employer les mêmes armes et tenter les mêmes conquêtes sur son territoire... (En riant.) Cette guerre, monseigneur, me paraît très honorable, et si la saine morale ne l'approuve pas, l'humanité, du moins, n'y perdra rien. LE COMTE.
Avant peu, mon cher Edmond, vous apprécierez mieux le dessein qui me guide.
EDMOND, riant.
Je retourne au château ; n'oubliez pas , monseigneur, que la trêve expire aujourd'hui , et que vous êtes sur les terres du baron. D'après les conventions , tous ceux qui sont surpris sur le territoire ennemi , après la trêve, deviennent ù l'instant vassaux du seigneur, et si vous tombiez au pouvoir de Rodolphe...
LE COMTE
Rodolphe lui-même aurait peine à me reconnaître sous ce déguisement. On vient ; adieu, mon cher Edmond. Placez des gardes à l'entrée de la forêt, et soyez prêt à faire exécuter les ordres que vous recevrez,
(Edmond remonte la montagne et disparaît par le pont.)
OOO&OOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOOÛOOOtiOOOOOOOOOOOOOOOOOOOO