‹ Recueil d'opérasChapitre 513 sur 1141 · BALTHAZAR, FERNAND · texte numérisé non relu

BALTHAZAR, FERNAND

BALTHAZAK.

Ne vas-tu pas prier avec eux ?

FEUNAKD.

Je ne puis.

MAGASIN THÉÂTRAL

n.M.TdAZAn.

Aurais-je de ton cœur deviné les ennuis ?... Dieu ne te suffit plus.

FERNAND

Vous dites vrai , mon père ; Quand je vais par des vœu.K m'enchaîner sans re-

[tour, Je jetle malgré moi vers les biens de la terre Un regard de douleur, de regrets et d'amour.

BALTIIAZAr..

Parle, achève...

FERNAND

A l'autel que sai nt Jacques protège Et que de pèlerins un peuple immense assiège, Jepriais...j'invoquaisiesanges radieux, [yeux. Quand l'un d'eux tout-à-coup vint s'offrir à mes

ROMANCE

Un ange , une femme inconnue , A genoux , priait près de moi.

Et je me sentais , à sa vue , Frémir de plaisir et d'effroi. Ah ! mon père ! qu'elle était belle ! Et contre mon cœur sans secours C'est Dieu que j'implore. . . et c'est elle , C'est elle!... que je vois toujours.

Depuis qu'en lui donnant l'eau sainte Ma main a rencontré sa main , De ces murs franchissant l'enceinte , Mon cœur rêve un autre destin.

A tous mes sermens infidèle , Et du ciel cherchant le secours , C'est Dieu que je prie , et c'est elle Qu'en mon cœur je trouve toujours.

balthazar.

DUO

Toi , mon fils , ma seule espérance , L'honneur, le soutien de la foi..

Toi qui devais à ma puissance , Bientôtsuccéder après moi !

FERNAND , baissant la tête.

Mon père... je l'aime.

BALTHAZAR , avec douleur.

Aimer !.. toi !..

Sais-tu que devant la tiare S'abaisse le sceptre des rois?

Que ma main unit ou sépare , Que l'Espagne tremble à ma voix ?

FERNAND

Mon père, je l'aime.

BALTHAZAR

Et tu crois Au bonheur que promet une terrestre flamme ! Dis, sais-tu quelle est celte femme Qui triomphe de ta vertu? Celle à qui tu donnes ton âme...

Son nom, son rang... les connais-tu .?

FERNAND, ttvec passioîi.

Non , mais je l'aime.

BALTHAZAR , levant les mains au ciel.

Oh ! perdu !

ENSEMBLE

Va-t'en , insensé , téméraire !

Va loin de nous porter tes pas , Et que Dieu plus que moi sévère , Que Dieu ne te maudisse pas.

FERNAND

Idole si douce et si chère , 0 toi qui vois tous mes combats , O toi mon seul bien sur la terre , Veille sur moi , guide mes pas.

BALTHAZAR arrête par la main Fernand, prcl à sortir, et lui dit avec émotion :

La trahison , la péVfidie , 0 mon fils, vont flétrir tes jours.

Parmi les écueils de la vie , Comprends les dangers que tu cours !

Peut-être brisé par l'orage , Tu voudras , pauvre naufragé , Regagner en vain le rivage Et le port qui t'ont protégé.

FERNAND , tombant à genoux.

Bénissez-moi, mon père, Je pars.

BALTHAZAR

Va-t'en, insensé , téméraire î Vers nous bientôt tu reviendras.

Dans sa justice ou sa colère , Que Dieu ne te maudisse pas.

Idole si douce et si chère !

0 toi qui vois tous mes combats.

Sois mon seul bien sur cette terre !

Je pars , je pars , guide mes pas.

Fernand sort par la grille du fond , et de loin tend les bras à Balthazar, qui détourne la tôte en essuyant une larme, et entre dans la rlispplle.

l.A KAVOKITK.

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Cljangemcnt.

Le théâtre représente un site délicieux , sur le rivage de l'île de Léon. Des jeunes filles sont groupées sur le bord de la mer , et emplissent de fleurs des corbeilles; des esclaves suspendent aux branches des arbres de riches étoffes pour rendre l'ombrage plus épais ; d'autres jeunes filles unissent des danses aux chants de leurs compagnes.

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