BALTHAZAR, FERNAND
BALTHAZAK.
Ne vas-tu pas prier avec eux ?
FEUNAKD.
Je ne puis.
MAGASIN THÉÂTRAL
n.M.TdAZAn.
Aurais-je de ton cœur deviné les ennuis ?... Dieu ne te suffit plus.
FERNAND
Vous dites vrai , mon père ; Quand je vais par des vœu.K m'enchaîner sans re-
[tour, Je jetle malgré moi vers les biens de la terre Un regard de douleur, de regrets et d'amour.
BALTIIAZAr..
Parle, achève...
FERNAND
A l'autel que sai nt Jacques protège Et que de pèlerins un peuple immense assiège, Jepriais...j'invoquaisiesanges radieux, [yeux. Quand l'un d'eux tout-à-coup vint s'offrir à mes
ROMANCE
Un ange , une femme inconnue , A genoux , priait près de moi.
Et je me sentais , à sa vue , Frémir de plaisir et d'effroi. Ah ! mon père ! qu'elle était belle ! Et contre mon cœur sans secours C'est Dieu que j'implore. . . et c'est elle , C'est elle!... que je vois toujours.
Depuis qu'en lui donnant l'eau sainte Ma main a rencontré sa main , De ces murs franchissant l'enceinte , Mon cœur rêve un autre destin.
A tous mes sermens infidèle , Et du ciel cherchant le secours , C'est Dieu que je prie , et c'est elle Qu'en mon cœur je trouve toujours.
balthazar.
DUO
Toi , mon fils , ma seule espérance , L'honneur, le soutien de la foi..
Toi qui devais à ma puissance , Bientôtsuccéder après moi !
FERNAND , baissant la tête.
Mon père... je l'aime.
BALTHAZAR , avec douleur.
Aimer !.. toi !..
Sais-tu que devant la tiare S'abaisse le sceptre des rois?
Que ma main unit ou sépare , Que l'Espagne tremble à ma voix ?
FERNAND
Mon père, je l'aime.
BALTHAZAR
Et tu crois Au bonheur que promet une terrestre flamme ! Dis, sais-tu quelle est celte femme Qui triomphe de ta vertu? Celle à qui tu donnes ton âme...
Son nom, son rang... les connais-tu .?
FERNAND, ttvec passioîi.
Non , mais je l'aime.
BALTHAZAR , levant les mains au ciel.
Oh ! perdu !
ENSEMBLE
Va-t'en , insensé , téméraire !
Va loin de nous porter tes pas , Et que Dieu plus que moi sévère , Que Dieu ne te maudisse pas.
FERNAND
Idole si douce et si chère , 0 toi qui vois tous mes combats , O toi mon seul bien sur la terre , Veille sur moi , guide mes pas.
BALTHAZAR arrête par la main Fernand, prcl à sortir, et lui dit avec émotion :
La trahison , la péVfidie , 0 mon fils, vont flétrir tes jours.
Parmi les écueils de la vie , Comprends les dangers que tu cours !
Peut-être brisé par l'orage , Tu voudras , pauvre naufragé , Regagner en vain le rivage Et le port qui t'ont protégé.
FERNAND , tombant à genoux.
Bénissez-moi, mon père, Je pars.
BALTHAZAR
Va-t'en, insensé , téméraire î Vers nous bientôt tu reviendras.
Dans sa justice ou sa colère , Que Dieu ne te maudisse pas.
Idole si douce et si chère !
0 toi qui vois tous mes combats.
Sois mon seul bien sur cette terre !
Je pars , je pars , guide mes pas.
Fernand sort par la grille du fond , et de loin tend les bras à Balthazar, qui détourne la tôte en essuyant une larme, et entre dans la rlispplle.
l.A KAVOKITK.
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Cljangemcnt.
Le théâtre représente un site délicieux , sur le rivage de l'île de Léon. Des jeunes filles sont groupées sur le bord de la mer , et emplissent de fleurs des corbeilles; des esclaves suspendent aux branches des arbres de riches étoffes pour rendre l'ombrage plus épais ; d'autres jeunes filles unissent des danses aux chants de leurs compagnes.