‹ Recueil d'opérasChapitre 521 sur 1141 · SCENE III · texte numérisé non relu

SCENE III

LE ROI, LEONOR, entrant avec INEZ et causant à demi-voix.

LÉo.von.

Ainsi donc l'on raconte...

IXEZ.

Qu'il est vainqueur et glorieux.

LEoxop. avec joie.

l'ernand! à lui la gloire!

Apercevant le Roi.

0 ciel !

A part .

A moi la honte.

Le Fioi fait signe à Inez de se retirer , puis il s'approche de Léonor.

LE noi.

Léonor! tristement pourquoi baisser les yeux?

LÉONOR

Me croyez-vous heureuse ? justes cieux!

Quand j'ai quitté le château de mon père, Pauvre fille abusée, hélas! sur celte terre Je croyais suivre un époux !...

LE ROI, avec tendresse.

Ah! tais-toi!

LÉONOR

Tu m'as trompée, Alphonse ! En ce bois solitaire Dont l'ombre cache mal la maîtresse du roi Le mépris de ta cour vient encor jusqu'à moi.

LE ROI

Oh ! tais-toi, tais-toi.

DUO

Dans ce palais régnent pour f-c séduire

Tous les plaisirs; lu marches sur des fleurs. Autour de toi quand lu vois tout sourire, Ange d'amour, d'où viennent tes douleurs ?

LÉOXOR.

Dans vos palais, ma pauvre âme soupire, Cachant son deuil sous l'or et sous les fleurs ; Dieu seul le voit, sous mon triste sourire Mon cœur flétri dévore bien des pleurs.

LE ROI

Mais d'où vient donc celte sombre tristesse ?

LÉONOR

Vous me le demandez... à moi !

Ah loin de votre cour, par pitié, par tendresse, Laissez-moi fuir...

LE ROI

Non, compte sur ton roi.

Pour réussir il faut me taire encore, Mais avant peu, lu sauras, Léonore, Ce que mon cœur a médité pour toi.

LÉONOR

Le prince ne peut rien pour moi.

ENSEMBLE

LE ROI

Quoi! mon amour, stérile flamme.

Est sans puissance pour son âme !

Est-il pourtant destin plus beau?

Mais son bonheur semble un fardeau.

LÉONOR, à part.

0 mon amour ! ô chaste flamme !

Rrùle dans l'ombre de mon âme, Consume-toi comme un flambeau Qui luit en vain dans un tombeau.

LE ROI

lîientôl j'aurai brisé cet hymen qui me lie.

EOXOR, avec épouvante.

Quoi!... la reine...

LE ROI

Pour toi mon cœur la répudie.

LÉOKOR.

Et l'Église!

LE ROI

Qu'importe ? avant peu je promets De placer sur ton front ma couronne...

LÉOXOI^.

Oh ! jamais!

LE ROI

Je l'ai juré par le sceptre et l'épée , Quand brillera ma couronne à ton front. Dans cette cour à te perdre occupée Tes ennemis devant toi trembleront.

LÉONOR

Tremblez aussi car le sceptre el l'épée. Sous l'analhème en vos mains périront.

Qui, moi ! régner ! la couronne usurpée, Cercle de feu , me brûlerait le front.

LA 1- AVORITl-

Que la douleur s'arrête !

Viens auprôs de ton roi PriMulro part à la fêle Qu'il ordonna pour toi.

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