‹ Recueil d'opérasChapitre 528 sur 1141 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LEONOR, seule, et tombant dans un fauteuil.

Qui, lui, Fernand, l'époux de Léonore!

L'ai-je bien enlendu i

Tout me l'atteste, et mon cœur doute encore De ce bonheur inattendu.

Se levant brusquement.

Moi, l'épouser! oh! ce serait infâme!

Moi, lui porter en dot mon déshonneur!

Non, non; dût-il me fuir avec horreur, Il connaîtra la malbeurcuse femme Qu'il croit digne de son cœur.

AIR

O mon Fernand ! tous les biens de la terre, Pour être à toi mon cœur eût tout donné; Mais mon amour, plus pur que la prière, Au désespoir, hélas! est condamné.

Tu sauras tout, et par toi méprisée.

J'aurai souffert tout ce qu'on peut souffrir. Si ta justice alors est apaisée, Fais-moi mourir, mon Dieu ! fais-moi mourir.

Venez, cruels! qui vous arrête?

Mon châtiment descend du ciel.

Venez tous, c'est une fête!

De bouquets parez l'autel.

Qu'une tombe aussi s'apprête! *

Et jetez un voile noir

Sur la triste fiancée

Qui, maudite et repoussée,

Sera marte avant ce soir.

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