I.aissez-moi rejoindre ma femme î
LES PAYSANS
Tu n'iras pas ! tu n'iras pas !
CUAPELOe.
Je vais me fAcher, sur mon ame !
Ici n'arrêtez pas Mes pas.
LES PAYSANS
Tu n'iras pas! tu n'iras pas!
Allons, ])nin' prendre patience, Sans qu'on t'y force . mon garçon , Ici , cbante-nous la romance Du jeune et galant Postillon.
CHAPELOC.
Je n'ai pas le cœur aux chansons
LES PAYSANS
Chante... après nous te lâcherons.
CHAPELOU.
Vous le jurez?...
LES PAYSANS
Nous le jurons !
CHAPELOU.
Alors, en deux temps, je commence.
RONDÎÎ.
CHAPELOU.
1" Couplet.
Mes amis , écoutez l'histoire Du jeuac et galant postillon^
LE POSTILLON DE LONJUMEAU
CVst vciidifftic , on peut m'en croire , Kl connu (le tout le c.iillon ; Quaii'l il p.issait dans un village, Tout le beau sexe était vavi , F.t le cœur île la plus sauvage Galopait en croupe avec lui. Oh ! oli ! oh ! qu'il était beau Le postillon de Lonjuiucau !
cnoEt'R.
Oh! oh! oh! qu'il était beau Le postillon de Lonjumeau !
2* Couplet.
Mainte dame de haut paiage , Ka l'absence de sou mai i , Kxprès se mettait en voyage Ponr ètie conduite par lui ; Aux procidés tovijouvs fidèle, i '•-. ^avait qu'adroit postillon , ii'il '-crsait parfois une belle, Ce iiVlait que sur le gazou.
V > . ! <Ài\ oh ! qu'il était beau L-; postillon de Lonjumeau !
CIIOBUB.
Oh ! oh ! oh! qu'il était beau Le postillon de Lonjumeau !
LF. MABQiis, (/ni est entre pnr la d'Mle pour écoulir. A part.
Quelle voix ravissante!
Viainicnt elle m'enchante!
Je trouve enfin celui Que je cherche aujourd'hui.
Ul écoule ,}tli-ntl\'einenl, en ilonnuiit iLs marques ilu filuf vif plaisir.)
cinrEi.ou.
3<' Couplet.
Mais pour conduire nu équipage , Voilh qu'un soir il est pa;li ; Depuis ce temps, dans le village , On n"enlend plus pailer de hii.
Ali ! ne déploie-^ pas sa pede.
Car, de l'hymen suivant la loi , La reine d une île déserte De ses sujets l'a nommé roi.
Oh ! oh ! oh ! qu'il était beau Le postillon de J.onjunie:iu !
CIIOIÎL'P. .
Oh! oh! oh! qu'il était benu Le postillon de Lonjumeau !
SCEÎNE IX.
Les mêmes , LES Paysannes.
Lbs PAYSiSNES, sortant de la chambre de Bladelfllrie.
Maintenant, monsieur le mari , Vous pouvez ordonner ici.
ENSEMBLE
CHAPELOC.
Heureux époux , Yoici l'heure foilunéc Oii riivinénée Promet de» instoo^bieA douxi^
CHOEUR
HcuieUX époux !
Voici l'heure i'ortunce Oii l'hv menée Promet des iustans bien doux !
Reliions- nous.
{Les paysans cl les paysannes sorlttil par le fond.)
SCEiNE X.
CHAPELOU, LE 3IARQUIS.
(Api es avoir reconduit les paysans, Chapcloa va pour rejoindre Madehiine.)
LE MARQUIS, Viirrêtant par le iras. Un mot, mon garçon... un mot... tu me vois ravi, enchanté... transporté!..
CHAPELOU. De quoi ?
LE MARQUIS. Tu as le plus beau si bémol que j'aie jamais oui!
CHAPELOU. J'ai un sihémoî... {Regardant autour de lui.) Oii çà ?. . .
LE MARQUIS. Je t'expliquerai plus tard, ^ il s'agit de m'écouter.
CHAPELOU. J' peux pas... j'peux pas...
ma femme... IVIadelaine qui m'attend....
LE MARQUIS, se plaçant devant la porte, à gauche. Il s'agit bien de ta femme, quand il y va pour toi de ton avenir, de ta fortune!..
CHAPELOU , très-êlonné. Ma fortune ?
LE MARQUIS. Oui, à cause de ton si bémol... Ecoute, tedis-je... je suis intendant des menus plaisirs de sa majesté Louis quinze.
CHAPELOU, voulant s en aller. C'est possible... mais, vu la circonstance, je suis obligé...
LE MARQUIS. Quai^d je te dis que tu as cent mille livres dans ton gosier...
CHAPELOU. Dans mon gosier!... je n'y suis pas du tout..
LE MARQUIS. Tu ne sais pas chanter....
mais tu as une voix timbrée, flexible, admirable... tu me parais avoir de l'intelligence... je ferai de toi un artiste distingué, et dans six mois, tu débuteras au Grand- Opéra...
CHAPELOU. Comment ! je paraîtrais aux lumières... habillé en sauva&e... avec du fard:\..
LE MARQUIS. Et tu gagneras dix mille livres par on.
CHAPELOU. Dix mdle livres?... laissez donc, je vois la farce... vous voulez vous amuser d'un pauvre postillon... si j'avais le temps j'en rirais aussi... mais je vs^s rejoindre ma femme,,,
LE MARQUIS , le retenant. Oh I je ne [ plaisante pas... pour te le prouver.. »tiend^
MAGASIN THÉÂTRAL
voilà cent louis, à titre dJencouiagement.
(Il lui donne une bourse.)
CHAPELOIT , la prenani et Vexciminant.
C'est ma foi ben des petits jaunets...
LE MARQUIS. Eh! ce n'est rien que cela... tu verras la cour... les princesses... les plus grands seigneurs... le roi te complimentera... te fera des présens... il t'enverra des tabatières...
CHAPELOU. Je prends pas de tabac...
LE MARQUIS. On prend toujours les tabatières... Allons , allons , ne perdons pas die temps... je te le répète, songe à ta formule, à ton avenir. . .
FINAL
DUO
LE MARQUIS
/rmes de'sirs il faul te rendre; Avec moi, vite, il faut partir.
CHAPELOU.
Eh quoi!., partir sans plus attendre ?.. Non, je ne puis y consentir.
LE MARQUIS
Allons , ta re'sistance est vaine , Le bonheur t'appelle à la cour.
CHAPELOU.
Eh quoi ! quitter Madelaine
Lorsque son cœur a tant d'amour ?...
LE MARQUIS
Mon Dieu ! ne te mets pas en peine, Bientôt tu seras de retour...
Viens ! . .
CHAPELOU.
Je ne puis .. un autre jour...
Demain... la semaine prochaine...
LE 5IARQUIS.
A l'instant... bannis tout regret...
[A part.) Sa belle voix m'e'chapperait !
CHAPELOU.
Pour mon cœur quelle peine !
î(on , je ne puis consentir, en ce jour,
A quitter Madelaine, Lorsque son cœur a pour moi tant d'amoar!
LE MARQUIS
Crois en ma promesse; Oui , de la richesse Et de la noblesse Heiireu.K favori , Captivant les âmes De toutes les femmes, Des plus nobles dames Tu seras chéri.
CHAPELOU.
Ah ! quelle promesse !
Quoi ! de la richesse Et de la noblesse Heureux favori , Captivant les âmes De toutes les femmes , Des plus nobles dames Je serais chéri ?
ENSEMBLE
LE MARQUIS
Crois en ma promesse ; Oui , de la richesse Et de la noblesse Heureux favori.
Captivant les .imes De toutes les fçouuçs,
Des plus nobles dames Tu seras che'ri.
CHAPELOU.
Ah î quelle promesse î Quoi ! de 1.1 ricliesse Et de i.i noblesse Heuieux favori.
Captivant les araes De toutes les fenmies , Des ])lus nnbles dames Je serais che'ri ?
LE MARijUIS.
Pour toi quel avenir joyeux !..
Que de plaisirs !.. que de fortune!
Dans tes amours toujours heureux , Tu séduis la blonde et la brune.
CHAPELOU, hésitant.
Ah ! vous allez me tenter...
Je ne pourrais vous résister...
[Hésitaitt.)
Pour mon cœur quelle peine !
Non , je ne puis consentir, en ce jour,
A quitter Madelaine, Lorsque son cœur a pour moi tant d'amonr. ENSEMBLE.
LE MJtRQUIS.
Crois en ma promesse , Oui , de la richesse Et de la noblesse Heureux favori , Captivant les âmes De toutes les femmes.
Des plus nobles dames Tu seras chéri.
CHAPELOU.
Ah ! quelle promesse !
Quoi ! de la richesse Et de la noblesse Heureux favori , Captivant les âmes De toutes les femmes , Des plus nobles dames Je serai chéri.