SCENE XIII
BIJU, Paysans, Paysannes, accourant a^^ec des lanternes et en désliahillds de nuil^ fuus MADELAIJNE.
CHOEUR
Pourquoi ces cris et ce tapage ?
Nous venons mettre le liolh !
Eli quoi ! dans le nouveau ménage On se disputerait déjà?
MADELAiNE , entrant par la f^aiiclie.
Mon mari ! je veux mon mari !..
EIJC.
Puisqu'on vous dit qu'il est parti !
MADF.LAINE.
Mais 11 va revenir, j'espère ?
BIJU.
Jamais... sachez tout le mystère : On veut en faire un beau chanteur...
Il va devenir grand seigneur.
JIADELAI.NE.
Ail! c'est affreux ! ah ! c'est infâme ! Abandonner ainsi sa femme Le premier jour de noire hymen.' Compiencz-vous tout mon chagrin ?
BIJU.
Ecoutez...
[On entend dans le lointain la voix de Chapelou répéter le refrain de la ronde.) Oh! oh! oh ! qu'il était beau Le postillon de Loajumeau !
TOUS
Ah 1 c'est affreux ! ah ! c'est infâme ! Abandonner ainsi sa femme !
MADCL\INE.
Ah ! loin d'an ingrat qui m'offense Et qui méprise nos amours , Chez ma tante, h l'Ile-de-France, Je veux aller finir mes jours.
BIJU , à part.
Ah ! pour lui quelle heureuse chance ! Je veux partager son destin j A la fortune je m'élance , Et je partirai dès demain.
CIIOELR GÉNÉRAL.
Ah ! c'est affreux ! ah ! c'est infâme !
Abandonner ainsi sa femme
Le premier jour de son hvmen !
Tâchons de calmer son chay;rin. [Madelaine tombe presque éi'anouie entre les bras des paysannes qui la soutiennent et la i-econd lisent -vers la porte à gauclie. — Le rideau baisse.)