SÉVÈRE, CALLISTHÈNES, FÉLIX ET LE CHOEUR
Le parjure qu'il profère
A d'effroi glacé la terre,
Et le ciel ne tonne pas !
Dieux puissants, vous qu'il biaspli^'inc,
Frappez-le de ranatiièmc.
Punissez ses attentats !
L'insensé, le téméraire, Se dévoue à leur coière!
POLYEUCTE
Feu divin , sainte lumière , Qui m'embrase et qui m'éclaire.
Je m'élance de la terre , Et je brave le trépas!
Oui , l'eau sainte du baptême , De la foi vivant emblème, Me ra[)proclie de Dieu même, Qui du ciel mo tend les bras!
NÉARQCF..
Feu divin , sainte lumière, Qui m'embrase et qui m'éclaire, Etc., etc.
FÉLIX
Lui-même a voulu son supplice.
CAILISTIIÈNES.
Enlraîncz-lcs '
FÉLIX
Qu'on obéisse !
PAULINE
Suspendez cet arrêt, mon père, un seul instant; Daignez m'entendre !
CALLISTHÈNES,
Il est coupable!
PAULINE, à Félix.
Le dieu qu'il offense est clément ;
(A Caliislhènes.)
Ah ! plus que lui ne sois pas implacable! Ecoute ma prière, et prends pitié de moi ! ( Elle se jette aux genoux de Callisihènes. )
POLYEUCTE, courant à Pauline.
O comble d'infamie !
Leur demander ma vie !
Relève-toi !
PAULINE, étendant les bras vers tout le monde. Grâce!..
POLYEUCTE
Relève-loi !
( Il la relève et monte les degrés du temple sur lesquels Néarque est placé au milieu des prêtres. )
PAULINE, sur le devant du théâtre.
Dieux immortels, prenez donc sa défeiise!
POLYEUCTE, du haut de5 iiiarthcs.
Inutile espérance!
Tes dieux ne peuvent rien; et sous mes coiips vcu-
[geurs Tombez, dieux imposteurs!
( Il renverse les idoles et les vases sacriis qui sont à sa droite et à sa gauche, et il les foule aux pieds. )
LES MARTYRS
CALLISTlJjLNr.S , tliLiX, StYERE , PAULINE.
0 délire! ô finetir!
Jours de deuil cl d'horreur!
POLVEUCTE ET KÉARQDE,
Oui , SOUS nos coups vengeurs, Tombez, tombez, dieux imposteurs
LE PEUPLE ET LES PRÊTRES, à Sévère,
C'est à ton bras vengeur A punir leur fureur.
roLTEUCTE, avec exaltation.
Je crois en Dieu, roi du ciel, de la terre, Seul Dieu puissant, que je crains et révère, Et devant lui, dieux d'argile et de pierre, Tombez , tombez sous mon bras triomphant ! De vos bourreaux que la hache s'apprête ! 0 saint martyre !.. ô pieuse conquête !.. Déjà pour nous , déjà la palme est prête ; Dieu nous appelle et le ciel nous attend !
PAULINE
0 sort aiïieux ! ù comble de misère!
Maudit au ciel et maudit sur la terre, A qui p6urrais-je adresser ma prière?
Dieu des chrétiens !.. toi qu'il dit si puissant, Ah ! si ton bras peut calmer la lempéle , lit le ravir à la mort qui s'apprête , Devant ton front je vais courber ma tête. Et proclamer ton culte triomphant.
SÉVÈRE, rÉi.IX, CALLISTKÈXES, LES PRÊTRES ET LE PEUPLE.
Dieux infernaux , prenez votre conquête. A vos tourments je voue ici sa tété ! Que le fer brille et la llamnie s'apprête !
\ Ils sont maudits, et l'ei'.fcr les attend !
CALLiSTiiÈXES, aux piêtrcs , leur faisant sigsiC. Obéissez !
PAULINE
Non , je ne puis I3 croire !
(A Félix.) Tout coupable qu'il est, c'est ma vie et mon bien !
FÉLIX
Qu'il reconnaisse alors nos dieux!
POLYEUCTE
Je suis chrétien!..
FÉLIX
Adore-les , te dis-je , ou meurs !
POLYEUGTE,
Je suis chrétien!..
( Félix fait un signe et les prêtres emmènent Pol } eucte )
PAULINE
Où le conduisez-vous?
CALLISTHÈNES.
A la mort!
rOLYEUCTE.
A la gloire !