SCENE VT
FÉLIX, sur la tribune j SÉVÈRE, sur les marches de la tribune; CA.LLISTHÈNES et les prêtres au pied de la tribune; POLYEUCTE et PAULINE, amenés par les licteurs au milieu du cirque. Tous les deux sont habillés de blanc.
FÉLIX) les apercevant.
Grands dieux !
SÉVÈRE , de même.
Pauline!..
FÉLIX, du haut de la tribune et lui tendant les bras.
Que fais-lu, ma fille?
PAULINE^ froidement.
Mon devoir!
FINALE
Notre Dieu , notre foi sont les mêmes , Et je dois partager son trépas !
TOUS
Toi!..
PAULINE
Frappez !
CALLISTHÈNES , aux prêtres et au peuple. Entendez ses blasphèmes !
SÉVÈRE , descendant les marches de l'escalier. Elle invente un forfait qui n'est pas !
CALLISTHÈNES.
; Viens-tu donc pour défendre le crime... Ou les dieux?
SÉVÈRE
Ah ! je veux lui parler !
( S'approchant de Pauline. ) ; Dii devoir innocente victime, [^Quoi ! lu meurs!
LES MARTYRS
PAULINE
Sans pâlir ! sans trembler !
SÉVÈRE
En épouse!..
POLYEUCTE , avec fierté.
En chrétienne!..
CALLISTHÈNES.
O fureur !
SÉVÈRE , à Pauline.
Daigne entendre ma voix qui te prie.
Non pour moi, qui renonce au bonheur!
Lui montrant Félix évanoui enlre les bras de ( qui l'entourent.)
Mais forcé de frapper une fille chérie ,
0 désespoir!
Vois ton père expirer de douleur!
PAULINE et POLYEUCTE.
Unis sur la terre , Unis dans les cieux !
Pour vous , pour mon père , Nous prierons tous deux !
CHOEUR DU PEUPLH.
Il nous faut et des jeux et des fêles. A la mort ces chrétiens odieux !
Traînez-les ! livrez-les tous aux bêtes , Et qu'ils soient déchirés à nos yeux.
SÉVÈRE
Daigne entendre ma voix qui te prie, Non pour moi , qui renonce au bonheur ! Mais perdant une fille chérie, Vois ton père expirer de douleur !
FÉLIX , revenant à lui.
Je te perds, ô ma fille chérie, Rien ne peut t'arracher à l'erreur ! Et par moi tu vas perdre la vie , 0 ma fille ! ô devoir ! ô douleur !
CALLISTHÈNES ET LE PEUPLE
Plus de retards !
SÉVÈRE , avec colère et les menaçant.
Ah ! cruels !
PAULINE
Dieu propice !