‹ Recueil d'opérasChapitre 625 sur 1141 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

LE BARON, CALAISSON.

LE BARON. Nous voilà seuls... soyez

chafeau vous pa Jt donc bien mono one LE BARON. Autant quelle aous parait

"^"crLANSON. C'est que tous ne savez pas vouf y faire des soucis. Si par exemple

vous étiez jaloux ? ,

XV BARON. Jaloux! moi! fi! ] ai etc du monde avant de me confiner dans mon TasteL Informez-vous du baron d'Evenos, U n'était bruit que de lui aux cours da-

mour du comté de Provence !

CALANSON. Le bruit n'était pas ce qu il V avait de plus doux.

^ LE BARON, avec hésitation. Vous dites donc.. Fst-c; que vous auriez surpris la

^'cTanSON. Non pas , seigneur non pas 1 Santa-Maria! ne me faites pas aller si vite

LEBARON. Alors, de quoi me venez-vous rompre la tête... ,

cAlansON. Mais il ne se passe pas de iour que le castel ne soit visite par un de ces vagabonds de troubadours, ou un de ceUauriens de jongleurs... et l'on reçoit fort bien au castel les vauriens et les vagabonds.

THEATRAL

LE BARON. Qu'on kuv ferme la porte.

CALANSON. Bon!., ils entreront par la fenêtre... Ce sont de vrais lutms... {Ame an soupir.) et les lutins plaisent aux fem-

""Ïe BARON , serrant le poing. Qui donc serait assez habile pour dire ce qui leur plaît et ce qui ne leur plaît pas ! Mais la bai;onne n'est jamais seule... sa cousine Âzalais...

CYLANSON. Seigneur baron , un homme comme vous devrait savoir que, dans ces sortes d'affaires, lorsque deux femmes sont ensemble, chacune d'elles est seule.

LE BARON. 11 n'a que trop raison , mais

''°c1lanS0N. Moi, seigneur? quand je gène, on me renvoie à mon oratoire.

^ LE BARON. La perfide!. Quant a Azalaïs, je sais le moyen de m'en défaire... un

'ZZ:Z':arec tristesse. I3n couvert!

LE BARON. Oui, c'est depuis long-temps mon projet... Mais la baronne.. .

CALANSON. On ne peut pas envoyer la baronne au couvent.

LE BARON, rf'«natr sombre, ie sais ou l'on peut l'envoyer... Je ne suis point ja-

loUX, non!.. c;,,nii<;

CALANSON. Cela se voit de res e Si . ous l'étiez, j'en saurais quelque chose, car r'est un péché, mon frère...

LEBARON. Maislesoindemonhonneur...

Malheur au coupable!

CALANSON. Seigneur baron, il «revient une idée: ne changez rien ^^^^^ /^^^^f vie • partez dès l'aurore pour la chasse, ;^:4Lvouséloignezpas; laissez 00^^^^^^ le lièvre, laissez voler l'oiseau; nous ten drons ici des lacets qui prendront un metl-

leur gibier.

LE BARON. Comment cela ?

CALANSON. A peine un homme aura-t-i mis le pied dans le castel, crac, )eprend.|

mon vol et je vais vous avertir. \

LEBARON. Mais, fra, qui me repon,|

qu'en votre absence...

CALANSON. Bonté divine, je n y avai

pas songé!.. •* i^ tomn»; rfl

^ LE BARON. Et puis il aurait le temps d]

fuir dix fois...

CALANSON. C'est vrai! .

LE BARON. Il nous faudrait un signa.

CALANSON. Oui, quelque chose qm.

donnât point ombrage , quelque chose d nalogueàmon état, ({^/'-"^r "S | autour de lai.) khlra^ y oi\^''-^^^^^^^\

che!..

LEBARON. Parfait...

L ANGELUS

CALANSOîV. Au premier soupçon de galam , je prends la corde; et ion, ton, ton, lentement, comme pour dire : « Seigneur baron, il se peut que ce soit une visite innocente, mais. .. » Si je vois du danger, oh ! alors je saisis la corde à deux mains; et ton, ton, ton, ton, ton, je vous crie: «Seigneur baron, accourez vite, vite, ou c'est fait de vous. » Santa-Maria, l'heureuse idée...

LE BARON, Fra Calanson, n'allez pas gauchn- au moins. Songez que je me repose sur vous.

CALANSON. A votre poste, seigneur baron...

LE BARON. Au vôtre, fra!..

Pour tout bien h'ai que mon pourpoint , Pour tout esprit , latin d'église !..

Aimons en silence ,

Gardons l'espérance

Qu'un jourma constance

Recevra son prix ;

Ai bien quelque chance,

Suis seul au logis.

Il sort.

SCElNE V.

CALANSON, seul.

Quel homme !.. cent fois plus brutal que son palefroi! Ah! s'il n'y avait de danger que pour lui, je ne m'en inquiéterais g-uère; mais tous ces visiteurs, si la baronne écoute avec complaisance leurs chants d'amour, leurs galans propos, Azalaïs paraît y prendre aussi grand plaisir.. .Qu'il vienne un de ces damnés troubadours ! par Satan ! je veux que le baron en fasse un exemple à éloigner tous les autres .. Azalaïs ! pure et belle créature de Dieu ! rêve de ma vie ! un rayon du jour n'est pas plus doux... mais la cruelle a des yeux pour tout le monde , le pauvre fra Calanson excepte...

Soir et matin , rêvant à ses appas, Ai bien souvent cherché, mais sans malice, Pour la charmer quelqu 'heureux artifice; Ai beauchercher hélas ! ne trouve pas.

Si me sentais vêtu d'hermine , Dague au côté , fils de baron , Confiant en ma bonne mine , Irais à mon but sans façon.

Que si docteur en jonglerie , Avais doux chant de troubadour, Gaîté , savoir et courtoisie , Sans crainte parlerais d'amour !

Après avoir regardé aulour de lut.

Châtelaine jolie, Résister est folie; Laisse-toi désarmer.

Pourquoi m 'être contraire ?

, Au doux secret de plaire

Joins le bonheur d'aimer...

N'ai pas cette science exquise ; HumbKcjçiç qu'ga a'tçQutç p9iQt ,

Page 1