SCENE XVII
MABILIE, AIMERI.
Il entr'ouvre doucement la porte du cabinet.
MABILIE. Juste ciel!., c'est vous!., dans quel nouvel embarras votre imprudence me jette !...
AIMERI. Quatre sentinelles veillent à la porte de la galerie, et je suis sans armes.
MABILIE, a\:ec désespoir. Il y a une fatalité dans tout ceci!., tantôt j'étais perdue, si, par une inspiration du ciel...
AiilERl. Et de votre mari... j'ai tout entendu... Forcé de revenir sur mes pas, j'étais là, madame.
MABILIE. Vous savez tout !.. comte, c'est maintenant à vous d'achevermon ouvrage.
AIMERI. Qui? moi?., j'irais pour sauver ma vie...
MABILIE. Sauvez mon honneur que vous avez compromis avec tant de légèreté.
AIMERI. Mais croyez-vous que je puisse à ce point déguiser mes sentimens?
MABILIE. 11 le faut, seigneur.
AIMERI. Mais, si le baron va pousser la tj'rannie jusqu'à m'obliger...
MABILIE. A épouser Azalaïs? Oh! rassurez-vous... ce mariage le priverait d'une fortune qu'il regarde déjà comme sienne... il ne s'y résoudra jamais...
AniERi, à part. Jamais!., mot cruel!..
[Haut.) Ah! madame, de quelle espérance me flattez-vous... Eh bien! je dirai que j'aime Azalaïs, que je l'adore même, je ferai cet effort... Vous voyez ce que vous pouvez sur mon cœur.
MABILIE. Je ne puis que vous plaindre... oui!.. Mais j'aperçois Azalaïs; je lavais préparer^ à un rôle qu'elle était si loin de prévoir.