‹ Recueil d'opérasChapitre 679 sur 1141 · LUDGER · texte numérisé non relu

LUDGER

DU Rôi !

RAYMOND

L'antique honneur De ce beau nom qu'en pleurant on révère

Pour tous les deux s'est éclipsé.

Cri de joie et d'orgueil, amis, au temps passé, Il ne rappelle plus que souffrance et misère.

ODETTE

Malheureux fils, rrialheureux père!

L'un est proscrit, l'autre insensé.

RAYMOND

Qu'un beau jour le tocsin vienne à se faire entendre, Et de leurs ennemis le règne sera court ,

( En regardant une épée pendue â la muraille.) Ma bonne lame d'Azincourt, Quand donc pourrai-je te reprendre ?

ODETTE, bas à Raymond.

Agissez, et ne parlez pas.

RAYMOND

Eh bien ! je me tairai ; mais tandis que mon bras Attend le jour de la vengeance.

Va consoler ton maître , ton parrain , Ce pauvre fou royal tant aimé de la France.

CHARLES YI,

( Aux paysans. ) Quand de son corps chez nous il traînait la souf- Odette seule égayait son chagrin ; [france , N'y pouvant plus venir, il l'attend, il l'appelle, La veut comme un enfant.

MARCEL

Vous nous quittez aussi?

RAYMOND

Les jours me durent tant loin d'elle !

D'ailleurs mon bras se rouille ici.

Devant l'hôtel Saint-Paul je roule ma futaille, Pour vendre à tout venant mon vin et mes chansons,

En donnant gratis mes leçons A qui veut s'escrimer et d'esloc et de taille , Surtool contre l'Anglais !

ODETTE, à Raymond.

t kH^ Encor!

RAYMOND

J'y perds ma peine ; C'est malgré moi.

(On entend le son du cor.) Quel bruit?

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