SCÈNE
ISABELLE DE BAVIÈRE, LE DUC DE BEDFORT, Seigneurs anglais et français, DA31ES DE LA COUR, CHANTEURS,
Chanteuses, etc., etc.
CHOEUR
Gloire au maître , gloire aux chanteurs ! Art divin ! céleste liarmonie !
A des accords plus enchanteurs Jamais la voix ne s'est unie.
ISABELLE, bas à Bedfort.
Mylord , lisez cet acte entre nous arrêté. A votre jeune maître il transmet la couronne D'un fils ingrat, pour lui déshérité.
BEDFORT , de même à Isabelle.
Les droits qu'il nous transmet, c'est à vous qu'il les A vous le pouvoir tout entier ! [donne ;
ISABELLE, aux musiciens.
Vous vous taisez , on vous écoute encore ; uhantez la villanelle où notre Alain Ghtirli^^r Compare l'enfance à l'aurore.
I LE CHOEUR
Silence ! ils vont chanter encore.
FILIANELLE^
V^£ Quand le soleil \ Montre en riant
Son front vermeil
A l'orient ,
Les champs, les cieux Lui font accueil.
Et tout joyeux Quittent leur deuil ;
Tiède frisson Passe dans l'air ; Chaque buisson Chante son air;
Et jour qui luit Rit sur les fleurs, Où de la nuit Brillent les pleurs.
La joie ainsi Va triomphant Du noir souci Chez un enfant.
Aube d'été Moins a d'attrait Que sa gaîté Qui reparaît ;
Du mal passé Ne se souvient; Ombre a cessé Et jour revient ;
Comme les fleurs L'enfant joyeux Rit , quand les pleurs Sont dans ses yeux.
ISABELLE
Les doux sons ! l'aimable peinture !
Vos accents m'ont ravie.
(Bas à Bedfort.) Hé bien i^
BEDFORT
A cet acte il ne manque tien Qu'une royale signature.
ISABELLE
Il signera ce soir.
BEDFORT