SCÈNE IV
LES Précédents , excepté LE DAUPHIN , CHARLES YI, ODETTE, Bourgeois, Peuple.
(Le Roi arrive, appuyé sur le bras d'Olelle ; des bourgeois l'environnent; il est prccédépardes jeunes filles qui jettent desfleurs sur son passage; tout le mondes'incline.)
CHOEUR
Grand Dieu, qui rends à la nature Ses fleurs, ?es fruits et sa verdure,
Que ta bonté , Sur ce front pâle de souflrance, Fasse refleurir l'espérance ,
Et la santé,
CHARLES
Grand merci, mes enfants !
(A Odette, qui le conduit prés d'une table, et le fait asseoir.)
Un repas préparé !
ODETTE
Pour vous.
UN DES BOURGEOIS. (Il vient se mettre à genoux et pose un plat sur la table. ) Sire , acceptez , c'est offert par ma fille.
UN AUTRE
Sire , louchez ce vase : i! nous sera sacré Dans tous nos grands jours de famille.
CHARLES
Odette , chez le pauvre i! me fallait venir Pour qu'on eût de moi souvenir.
Où 5uis-je ici ?
Chez mon père.
CHARLES
Il s'appelle?
ODETTE
Raymond.
C?IAliLES , qui cliercbe dans sa mémoire. Rivmond !
RAYMOND
Oui, sir,' , \m vieux soldat...
ODETTE
Qui fut blessé dans un combat, En vous sauvant la vie.
Tu n'as rien obtenu ?
CHARLES
Et pour prix do ton zèle,
QO
RAYMOND
Si fait; un bel emploi Grâce à votre bonté.
CHARLES
Qu'ai-je donc fait pour loi ?
ODETTE
Hier , il fut nommé par le meilleur des maîtres , Par vous....
CHARLES, vivement.
Et par la Reine?
ODETTE
Oui; gardien des caveaux Où dorment les rois vos ancêtres :
Il veillera sur leurs tombeaux.
CHARLES, avec tristesse.
Et sur le mien aussi.
ODETTE
Vous régnez.
CHARLES
Qu'il y veille :
Je souffre, hélas ! sitôt qu'un bruit m'éveille ; Tu leur diras , en gardant ton vieux Roi , De parler bas , et de prier pour moi ! (Sa tète retombe sur sa poitrine, cl il reUe absorbé dans une mélancolie profonde. Odette fait signe aux bourgeois elau peuple de re^pccier la rêverie du [\oi et de se retirer.)
CHOEUR , il voix b.issc.
Grand D;cu , qui rends à la nature Ses fleurs , ses fruits et sa verdure ,
Que ta bonté , Sur ce front pâle de souffrance , Fasse refleurir l'espérance Et la santé.
ODETTE, bas à Raymond pendant qu'ils se retirent. Qu'il vienne !
RAYMOND
Que peut sa présence Sur ce fantôme inanimé ?
Laissons faire le ciel !
(Raymond soit.)