‹ Recueil d'opérasChapitre 710 sur 1141 · SCÈNE VIL · texte numérisé non relu

SCÈNE VIL

Les Preçéde>ts, RAYMOND. (On entend un appel de trompettes.)

CHARLES

Quel est ce bruit?

RAYMOND

On vient de la part de la Reine.

CHARLES

Que veut-elle donc ?

RAYMOND

Qu'à l'instant, Sire , à l'hôlel Saint-Paul Odette vous ramène, Pour la fcle qui vous attend.

CHARLES

Une fè(e! aujourd'hui ! je ne puis te comprendre.

RAYMOND

Fétc maudite, et qui fera répandre Des pleurs de rage à ceux qui la verront ! En roi de France , au palais va descendre Le prince anglais, votre couronne au front , Sur les degrés, vous le recevrez, sire , En l'embrassant , aux yeux du peuple entier. Et votre voix s'élèvera pour dire :

Respect à lui ! voici mon héritier.

CHARLES, se jetant dans les bras du Dauphin. Mon héritier, mon fils , c'est toi, Charles!

ODETTE

Silence.

De leur triomphe passager, Il faut supporter l'insolence.

Et pourquoi ?

LE DAUPHIN

Pour vous en venger.

QVA TUOR.

ENSEMBLE

Dieu puissant , favorise Notre sainte entreprise, Inspire-nous , et brise Les fers du prisonnier ; Si la France l'est chère , Aux enfants rends leur père , Ft que de leur misère Ce jour soit le dernier.

LE DAUPHIN

Oui , sire , un jour encore !

Et trompant les Anglais, Je puis avant l'aurore M'inlroduire au palais.

ODETTE

Un chevalier fidèle Qui veille cette nuit, Ouvrira la tourelle Quand sonnera minuit.

LE DAUPHIN

Au pied des murs j'arrive , Et trois fois sur la rive , Du cor la voix plaintive Retentit jusqu'à vous, Que dans la nuit profonde , Odette me seconde , Qu'un s gnal me réponde , Je suis à vos genoux.

S'il peut tout entreprendre , Ma voix lui fuit entendre Cet air naïf et tendre Que souvent j'ai chanté; Dans vos bras en silence, Palpitant d'espérance , Il vole , et sa présence Vous rend la liberté.

RAYMOND

D'une course rapide , Vers Dunois je vous guide , Son armée intrépide Enfin vous voit unis.

CHARLE

Alors que l'Anglais tremi-le.

LE DAUiHIN.

C'est Dieu qui nous rassemble.

ODETTE

Et nous crions ensemble...

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