CHOEUR DU PEUPLE
Pompe de deuil , lugubre fête, etc., etc. (Le jeune Lancastre et Bedfort paraissent à cheval précédés de leurs pages et de leurs écuyers.)
ISABELLE , à Charles.
Qu'il est beau cet enfant !
CHARLES , à Odette.
C'est un Anglais.
ODETTE
Silence ! ISABELLE, à Charles.
En lui tendant les bras, vers son père il s'avance.
BEDFOUT, présentant à Charles le jeune Lancastre.
Donnez lui le baiser de paix ; Vous avez sur son front placé ce diadème.
CHARLES
Moi ! moi !
iiEDFORT.
C'est riièriiier, préféré par vous-même, Qui doit régner un jour...
CHARLES , hors de lui.
Jamais !
(A Bedfort.)
Ma couronne en votre puissance...
Mon pied plutôt l'écrasera.
ISABELLE
0 surprise!
BEDFORT
0 fureur
ODETTE , entourant le Pioi de ses bras.
Sire!...
CHARLES, qui la repousse, arrache la couronne du
front de l'enfant, et la foule aux pieds.
Jamais en France Jamais l'Anglais ne régnera.
ENSEMBLE
CH OE un D U PE UPLE.
Vive Ch.'.rle ! au roi la puissance !
C'est à lui d'imposer sa loi.
Vivo le roi ! vive la France !
Noël ! noël ! vive le roi !
CHARLES VI
CHARLES, à Isabelle.
Tout doit fléchir sous ma puissance ; Superbe , tremblez devant moi.
Seul encor je commande en France , Et seul en France je suis roi.
ISABELLE , à Charles.
Vous insultez à leur puissance En pensant ne braver que moi ; Vous avez cru sauver la France , Que vous perdez avec son roi.
ODETTE
Qu'a-t-il fait ? Contre leur vengeance Il n'a plus d'autre appui que moi ; Mais je veux mourir pour la France , Ou sauver la France et son roi.