SCÈNE h
ODETTE
Sous leur sceptre de fer ils onl tout comprimé ; ^ eurs armes ont fait fuir un peuple désarmé ,
Dont ]e sang coulait sans vengeance.
Dans ce palais, où veille le soupçon , N'as-tu , Roi prisonnier, recouvré ta raison
Que pour mieux sentir ta souffrance ?
Non, ton fils brisera tes fers en t'embrassaut; Tout estîprêt ; contre toi leurs fureurs seront vaines, Tant que mon cœur battra de l'amour qu'il ressent; Tant qu'un reste de sang Coulera dans mes veines.
Mais , hélas ! que m'ont révélé , Celte nuit, mes songes funèbres.
Et que m'a dit dans les ténèbres La voix sainte qui m'a parlé ?
(Elle se courbe comme si elle entendait la parole de Dieu , et finit par tomber à genoux.)
« Humble fille des champs, ton heure vient; com- » L'œuvre qu'une autre accomplira ; L^ience « Sauve-le cet amant qui de l'indifférence » A l'oubli pour loi passera. )> Cette destinée est la tienne:
)> Mourir après l'avoir sauvé , » Sans laisser une tombe où ton nom soit gravé , » Un cœur qui de t'ii se souvienne. » (Se relevant avec exaltation.) Eh bien, patrie, adieu !
Sur moi, pour que ta flamnie Régénère mon ûme ,
Descends , souffle de Dieu 1 Ta volonté remplie , Dieu, frappe! et d'ici-bas.
Viens, avant qu'il m'oublie, M'enlever dans tes bras.
(■Apercevant Isabelle qui entre.) La Reine !