LES TROIS FANTÔMES
Tu périras de même.
CHARLES
I doit m'assassiner?
LES TROIS FANTÔMîiS, l'un après l'autre en étendant les bras vers lui.
Ton fils! ton fils! ton fils!
CHARLES
Mon fils! ô fureur ! quoi mon fils !
LE CHOEUR
IVIaudis ce perHde Qui veut l'immoler: Mort au parricide!
Son sang doit couler.
CHARLES , agité d'une démence furieuse.
Frappez ce perfide Qui veut m'immoler :
Mort au parricide !
LE CHOEUR
Mort au parricide !
CHARLES
Son sang doit couler.
LE CHOEUR, en s'enfuyant.
Mort au parricide !
Son sang doit couler.
^Tout disparait , et la boiserie se referme.)
SGÈ>'E M.
CHARLES, puis ODETTE, ISABELLE, BED- FORT, Seigneurs et Chevaliers.
CHARLES
A moi! sauvez mes jours.... accourez lous... des
[armes!
Ces spectres, chassez-les ! ils sont là tous les trois... Là ! là! les voyez- vous?
ODETTE
Ah! calmez ^os alarmes, ISABELLE; bas à Bedfort.
Que vousavais-je dit?
CHARLES
Chassez-les donc! des armes!
Frappez.
Reconnaissez ma voix ; Ils n'y sont plus.
CHARLES
^lais lui, c'est lui nue je redoute :
11 veut m.'assassiner.
LSABELLE.
Qui?
CHARLES
Mon lils. Je les crois; Ils l'ont dit.
ODETTE
Votre fils !
CHARLES VI
ISABELLE , à Charles.
Que faites-vous?
CHARLES
J'écoute :
Le cor, pour l'annoncer doit retentir trois fois. ODETTE, à part.
Ciel!
BEDFORT
Que dit'il ?
ODETTE , à Charles.
Quittez ce lieu funeste ; Venez.
(Un premier signal se fait entendre.)
CHARLES
Hé bien ! l'avez vous entendu?
ODETTE , qui cherche à l'entraîner avec une sorte de violence.
Venez, sire. ••
ISABELLE
Je veux qu'il reste.
CHARLES
Encore ! encore !
ODETTE
Il est perdu.
BEDFORT, à Isabelle.
Dirait-il vrai ?
CHAULES.
Que du traître on s'empare.
ODETTE
De votre Charle !
ISABELLE
Et comment?
CHARLES
Il viendra Lorsqu'au signal Odette répondra.
( A Odetle, )
Chante.
ODETTE
La terreur vous égare.
( A Isabelle. ) Madame , il n'a plus sa raison.
ISABELLE
N'importe ! chantez.
ODETTE
Non.
CHARLES
Tu m'obéiras.
ODETTE
Non.
De ce palais qu'on me bannisse ; Qu'on me foule aux pieds ; que ce bras Sous son courroux m'anéantisse ; Non, non je n'obéirai pas.
H ARLES
Hé bien ! donc je te fais justice :
Je te chasse.
ODETTE
Vous me chassez!
Vous!
ISABELLE
Mais quel est ce chant ?
CHARLES, qui rappelle ses souvenirs.
Viens !.. viens !...
ISABELLE, vivement.
Ah ! je le sais.
(Elle s'élance vers la fenêtre.)
Viens me rejoindre sur la rive, Si du rendez-vous où j'arrive ,
Tu te souviens.
Et dans la nuit l'écho fidèle , Qui semblait l'appeler comme elle
Disait : viens, viens.
ODETTE, à vois basse, pendant qu'Isabelle chante. Son fils sera donc sa victime ?
CHAULES.
Il viendra ; c'est l'heure du crime; Il s'en souvient.
LE CHOEUR, aussi à voix basse.
Ecoutons !...-
ODETTE
Attente mortelle !
CHAULES.
A son affreux dessein fidèle.
Il vient, il vient.