‹ Recueil d'opérasChapitre 731 sur 1141 · LES CHEVALIERS FRANÇAIS · texte numérisé non relu

LES CHEVALIERS FRANÇAIS

Victoire à nous !

(Odette descend les degrés en tenant l'oriflamme qu'elle vient remettre au Dauphin.)

LE DAUPHIN

CHARLES

C'est elle!

Odette !

• Cette scène a parliculiuremcut subi des chuugements pour la ceprésenlation.

CHARLES VI

ODETTE

Aux mains dignes de la porter Je rends de mon pays la bannière immortelle.

LE DAUPHI!V.

Qui viendra me la disputer?

A moi, braves Anglais !

LE DAUPHIN

France, à moi!

CH.\RLES.

Sacrilèges , N'insultez pas aux divins privilèges De ces murs par vo!:s profanés Voyez se soulever les pierres sépulcrales, D'où sortent ces morts couronnés ! ' Tout ce peuple d'ombres royales , Qui par ma voix vous parle en m'entourant , Vient de votre avenir dérouler les annales Aux derniers regards d'un mourant.

CHOEUR

Respect à ces ombres royales, A la vQix sainte d'un mourant !

CHARLES

Bedfort, Bedfoit , je succombe , et toi-même Bientôt tu me suivras; je t'ouvre le chemin ,

Mais pour te traîner par la main

Au pied du tribunal siprcmc.

Prêtres, où portez-vous , sans pompe et sans flam-

Le cadavre de cette femme ? [beaux ,

Aupeupledontlesmainsla mouraient en lambeaux Cachez son corps : à Dieu caclierez-vous son âme ? De la justice humaine on peut la préserver. En dérobant, la nuit, une tombe pour elle ; La justice éternelle

Saura toujours l'y retrouver.

ISABELLE

Je tremble, et me soutiens à peine.

A-l-il prononcé mon arrêt?

LE CHOEUR

La Reine ! Il regardait la Reine ; Son œil vengeur la dévorait.

CHARLES

A l'assaut, chevaliers, suivez la noble fille Qui brise en les touchant casques et boucliers ! Leurs soldats sous ses coups sont tombés par milliers,

Comme l'épi sous la faucille.

Des tleurs à pleines mains ! Chantez, jetez des fleurs. La couronne du sacre enfin sur l'autel brille.

Chantez... mais non versez des pleurs.

Cette vierge, elle est désarmée;

Elle disparaît à mes yeux Dans des torrents de flamme et de fumée...

Anges , pour elle ouvrez les cieux !

(Dans ce moment la clarté devient plus vive, et le sa leil semble briller rlune $[ilcndeur nouvelle.) LE CHOEfR.

Quel jour pur l'environne De son éclat sacré , Et quel espoir rayonne Sur son front insfiiré!

(On entend le canon retentir dans le lointain.) CHARLES.

France, réjouis-toi : de la gloire prochaine Le premier signal est donné.

LE DAUPHIN

Deux partis sont aux mains.

BEDFORT

On combat dans la plaine Sous ces murs le bronze a tonné.

ClL4ltLES.

Oui , de Ch;;r'es l'infortuné Il annonce les funér,':illes El l'avènement glorieux, Qui doit à Reims couronner les batailles De Charles le victorieux !

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