scène précédente
MARTi.\, froidement.
Je la prends !...
RICCARDO, se retournant et poussant un cri de
joie.
Martin de Ximena !
MARTIX.
Qui vient réclamer ta promesse.
RICCARDO
Je la tiendrai... Tu es mon sauveur, mon seul ami... viens, partons... il me tarde de quitter ce monde, où tout m'accable... ces grands seigneurs, dont tu me disais avec raison de me défier!... ils
m'ont couvert' de honte, et maintenant ils re-^ fusent de me tuer.
MARTIN
Je sais... je sais... j'ai vu Zuniga, qui, dans la joie du triomphe, m'a tout raconté... ta lettre, ton mariage, ton affront!
RICCARDO, avec douleur.
Eh bien! ce n'est rien encore... elle refuse de me voir... elle me repousse avec mépris.
MARTIX.
Zarah!... ta femme?...
RICCARDO
Ah ! ne dis plus ce mot-là.
MARTIX.
Comment alors es-tu ici?
Sa tante m'a écrit la lettre la plus méprisante, la plus injurieuse, pour me dire que ce mariage était nul... que la famille en demandait la rupture, et qu'elle m'attendrait, moi et mes gens de loi... Je suis venu seul, sans un ami, sans un conseil.
MARTIX.
Je serai le tien... je te défendrai.
RICCARDO
C'est inutile... je ne venais pas pour me défendre, mais pour la voir... la voir encore une fois... et puisqu'il faut renoncer à cette dernière espérance, je suis à toi, je t'appartiens !
MARTIX.
Tu es donc bien décidé à m'obéir?
RICCARDO
Oui.
LE GUITARRERO.
MARTIN
A me suivre partout où j'irai?
UICCAUDO.
Je le jure!
MAUTIX.
C'est qu'il y a à parier que j'irai me faire tuer.
RICCARDO
Tant mieux î c'est ce que je veux... Dispose de aes jours, je te les donne.
MARTIN, lui frappant sur l'épaule.
Et moi, mon brave, je te promets d'en faire un oble et généreux usage... Prends ces papiers... arde-les précieusement, et, quoi qu'il arrive, ne éiuens rien de ce qui s'y trouve écrit.
RICCARDO
Je te le promets, dût-il m'en coûter la tête.
MARTIN
C'est ce qui pourra bien arriver, ainsi qu'à la lienne, qui du reste est déjà promise, pour auturd'hui, au seigneur gouverneur. Biais n'imortc, je comprends que tu dois avoir envie de uitter enfin la guitare.
RICCARDO
De la briser!
MARTIN
Eh bien ! c'est l'instant d'obéir à ton père, c'est instant de reprendre l'épée du soldat, non pour 3S oppresseurs, mais contre eux !
RICCARDO
Commande, je suis prêt ; je ne demande qu'une ;âce, c'est qu'avant ma mort, ou après, je sois istifié aux yeux de Zarah!... qu'elle sache du .oins que je ne l'ai pas trompée.
Elle le saura, je te le promets... A'oici ces daes.
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