SCENE VII
SAINT-PHAR, seul y revenant un peu à lui.
Ils sont partis... je n'ai pas la force de les suivre... j'entends marcher... c'est sans doute ma seconde femme qui revient., oui, j'ai bien le cœur à la joie... je dois faire un beau mari dans ce moment-ci...
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SCEISE VIII.
SAINT-PHAR , WADELAINE , relue en paysanne , comme au premier acte. Elle entre par la droite el prend les deux flambeaux qui sont sur la table à gauche , comme pour éclairer Saint-Phar en le conduisant.
5IADELAINE, aoec le ton paysan. M'sieur le marié , ma maîtresse m'a dit de vous dire...
S \T\T-PHAR , la regardant. Madelaine !!!
M.4DELAINE , laissant tomber les /lambeaux. Chapelou !!! (Nuit complète.) C'est
LE POSTILLON DE LONJUMEAU
'onc toi qu'es le marie ! Pas content de planter là ta première femme, t'en épouse une autre.
SAiNT-PiiAR , àvoîx basse. Voyons, Madelaine, ne crie pas, je vais t'expliquer...
M.VDLLAINE , feignant de pleurer. Qui m'aurait dit qu'en entrant ce matin ici eu qualité dedomestique, je te trouverais en train d'épouser. .. IMais ça ne se passera pas comme ça !.. je vais aller chercher la justice I
SAINT-PHAR , tremblant. Q\\n\.\.. Madelaine, si lu m'aimes encore , ne crie pas...
MADEL411VE. Si! si! il y a assez longtemps que je pleure ! maintenant je veux crier.
SAINT-PHAR. Voyous., pst-ce que je ne suis plus ton petit Chapelou , que tu aimais tant ?
MADELAINE , Criant toujours. V'ià que tu me câlines à présent, mais ça ne prend plus.
SAUVT-PHAR. Plus bas! plus bas!., songe donc que je suis perdu si l'on découvre...
MADELAINE. C'est ça ! je vas te laisser avec ta nouvelle épouse... je te chéris trop pour ça !.. j'aime encore mieux que tu sois pendu !.. et tu le seras !
SAINT-PHAR , à part. Ah I mon Dieu !
l'autre qui peut entendre!... {Haut. ) Voyons, Madelaine, écoute... je reconnais mes torts... je suis un misérable !.. mais je te donne ma parole d'honneur que demain je voulais aller te rejoindre pour ne plus te quitter ma vie entière. . .
MADELAINE. Tu veux encore te gausser de moi ! tu l'aimes trop ta madame de Latour !
SAINT-PHAR. Moi, jel'aime... une femme à prétentions , sans esprit , sans grâces... Elle n'avait qu'une chose pour elle... c'est qu'elle te ressemblait... mais , du reste , je ne peux pas la souffrir...
MADELAINE. C'est pas vrai , tu l'adores! ( Feignant de plewer. ) Ah I ah ! ah !
SMUT-vaS-'A , épouvanté. Chut!., chut!..
MADELAINE passe du côté opposé , change tout-à-coup de voix , et reprend celle de madame de Latour. Quel est donc ce bruit ?.. on se dispute ici?
SAINT-PHAR, à part. L'autre à présent î . . je voudrais être à cent pieds sous terre !..
MADELAINE ( M»' de Lalour. ) Pas de lumière ' Est-ce vous , Saiut-Phai* ?
SAINT-PUAR. Je crois que oui , madame.
MADELAINE ( M»" de Lalour. ) Mais n'êtes-vous pas avec quelqu'un?
SAINT-PHAR. Non , non , je ne crois pas.
MADELAINE. C'est moi... je l'ons retrouvé... je ne le quitte plus.
SAINT-PHAR, allant à Madelaine. Madelaine, je t'en conjure, tais-toi.
SIADELAINE ( /U"» de Latour. ) C'est ma nouvelle domestique !.. que faites-vous ici,
MADELAINE. Ce quc je faisons? je veux pas qu'il reste ici...
MADELAINE ( M'"^ de Latour.)Et pourquoi cela , Madelaine ?
JIADELAINE. Parce que je suis sa femme aussi... l'ancienne... je suis la première inscrite... j'ai mon contrat dans la poche.
MADELAINE ( .¥"« de Laiour. ) Ciel! estil possible I
SAINT-PHAR , à part. Allons , voilà que ça va commencer !..