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SCÈNE IV

Les mêmes , FRA LORENZO, ZUNIGA, FABIUS,

OTTAVIO, Soldats et Gens de justice.

MORCEAU D'ENSEMBLE

FRA i.obe:<zo , s'approchaiU respeciueusement de Riccarclo et le saluant.

Monseigneur !

zcNiGA , de même.

Monseigneur!

FABIUS, OTTAVIO et LES AUTRES, de même. ûlonseigneur l

MANDELA, ZARAU et RICCARDO, étonués.

Que disent-ils?

MARTix , à demi-voix à liiccardo.

L'iieure est venue !

De l'audace et du cœur !

FRA LORENZo, à Riccai'do.

La vérité nous est enfin connue.

Et c'est avec regrets... avec douleur...

Saluant.

Que nous venons arrêter monseigneur !

zcxiGA, et les autres, de même.

Blonseigneur !

MANUELA et ZARAH, étounées.

Monseigneur!

FRA LORESZO , s'odressaixt à Riccardo, et regardant

Vos complices, auxquels jai promis le silence,

Vous ont découvert et trahi !

MARTIN, 6as, à Riccardo.

Ce complice !... c'est moi !

FRA LORENZO, montrant Riccardo.

Qu'on s'assure de lui 1 zcNiGA, à Manuela.

Sous ces grossiers habits, sous cette humble apparence,

Qui nous-mêmes nous abusa, Il cachait ses complots!...

Les Gardes qui ont entouré Riccardo Vont fouillé, et présentent à Fra Lorenso les papiers qu'ils viennent de trouver sur lui.

FRA LORENZO, en Usant l'adresse.

Eh ! oui !.. . c'est bien cela !

Lisant.

« Don Emmanuel de Rragance. »

TOCS, à demi-voix.

Le fils du duc de Bragance !

iURTiN , bas à Riccardo.

Ton serment?...

RICCARDO , de même.

Comptez sur ma foi l

A haute voix et se tournant vers Fra Lorenzo. Puisque vous savez tout... c'est moi!

TOUS

Grand Dieu !

C'est moi 1

ZARAU.

Tremblante, j'ose croire à peine Le témoignage de mes yeux ; Celui qu'accablait tant de haine, C'est lui!... c'est ce nom glorieux !

FRA LORENZO

Oui, c'est bien lui, j'en crois à peine Et cet écrit, et ses aveux ; Par mon adresse, enfin, j'enchaîne Ce chef terrible et dangereux.

MANUELA

Tremblante... j'ose croire à peine Le témoignage de mes yeux !

C'est à lui que l'hymen l'encliaîne, Elle porte un nom glorieux !

RICCARDO

Je l'ai juré ! l'honneur m'enchaîne; La mort est l'objet de mes vœux ; Je leur abandonne sans peine Des jours, hélas ! si malheureux !

ZCNIGA et SF.s AJiis, regardant Zarah.

Le hasard a trompé ma haine ; J'ai cru l'avilir à nos yeux; Et c'est à lui que je l'enchaîne.

Elle porte un nom glorieux !

MARTIN, regardant Riccardo.

Fidèle à l'honneur qui l'enchaîne.

J'admire son cœur généreux !

Que son dévouement nous obtienne La liberté, prix de nos vœux !

FRA LORENZO, qui vient de parcourir l'écrit qu'on lui 0

donné. La lettre est d'un nommé Pinto, le secrétaire Du duc... un intrigant ! ;

MARTIN, à part.

Un brave Portugais !

FRA LORENZO, Usant.

« Tout va mal ! et je doute à présent du succès ; J

» Le duc refuse !... il faut proclamer votre père

» Roi, malgré lui !... venez... si vous étiez » A Lisbonne ! . . . »

MARTIN

Il y doit être à présent... j'espère!

FRA LORENZO, lisant.

« De plus, si vous nous apportiez » Deux cent mille ducats... »^

MARTIN, à part.

Il en a trois cents !,.. grâcf Montrant Lorenzo.

A monseigneur !

FRA LORENZO, achevant de lire.

« Nous pourrions dès demain » Donner au Portugal un nouveau souverain ! » Se retournant vers Zuniga et ses amis.

Vous voyez, messieurs, quelle audace !

Montrant Riccardo.

Mais nous tenons le chef!... du complot c'en est fait! A l'instant dans ces lieux Vasconcellos m'ordonne De le faire juger, condamner !... Ce serait Un peu vif!... moi, qui tiens aux égards, je lui donne... , MARTIN, vivement.

Combien?

Une heure ! . . .

RICCARDO, froidement.

Je suis prêt.

LE GUITARRERO.

ENSEMBLE

MARTi:^, à part, 0 coHir mngiianinip 1 Courage sublinu'l De riionnour vitliine, 11 meurt en liéros I Toi que je supplie, Dieu de la patrie !

Arrache sa vie Au fer des bourreaux.

RiccAUDO, à Martin.

O creur magnanime !

A toi mou estime !

J'aurais par un crime Termine mes maux !

Et pour ma patrie.

D'une àme ravie, Je livre ma vie Au fer des bourreaux !

ZAKAII et MAMiELA.

0 cœur magnanime !

Courage sublime !

Qui, pour nous victime, Se livre aux bourreaux !

Toi, que je supplie, Dieu de la patrie 1 Protège sa vie.

Et sauve un héros !

FRA LORENZO et LE CHCCUR.

Quant à moi, j'estime, Qu'un semblable crime Veut une victime Pour notre repos I Audace inouïe, Qu'il faut qu'il expie 1 Nous devons sa vie Au fer des bourreaux.

FR.\ LORENZO

je tribunal s'assemble auprès de cette enceinte, e vais le présider !

A Zuniga, lui montrant Ricca/rdo.

Veillez sur monseigneur.

e vous remets sa garde !...

RiccARDO , montrant Martin,

A ce vieux serviteur 'ourrELi-je dire adieu ?

TR^v LOREXzo, à Zuniga.

Permettons-le sans crainte.

Montraiit Martin.

1 nous redira tout !

A Riccardo, montrant Martin.

Parlez-lui, monseigneur !

RICCARDO, à Martin, qui s'avance avec lui au bord du-

théâtre.

s-tu quelque ordre encore à me donner?

MARTIN, à demi-voix.

Silence I...

Pour tout le monde, et même pour Zarah, Sois toujours le duc de Bragance 1 RICCARDO, de même.

Je le promets ! . . .

MARTIN , de même.

Tout le succès est là !

•e Lisbonne en ces lieux, vingt milles de distance !... iOtre sort se décide, ami, dans ce moment!

Si le duc est triomphant, ous pouvons être encor sauvés !... mais s'il succombe.!. Secouant la tète.

^oi... puis moi...

RICCARDO

Je comprends ! nous aurons même tombe 1 Je t'ai promis mes jours 1

MARTIN

J'avais promis aussi D'en faire bon usage !... ai-je dit vrai ?

RICCARDO , lui nerrant la main.

Merci 1 ENSEMBLE.

MARTIN

0 cœur magnanime ! etc.

RICCARDO

0 cœur magnanime 1 etc.

ZARAII.

O cœur magnanime ! etc.

KRA LORENZU, ZL'NIGA et LE CIIOEUR.

Quant à moi, j'estime, etc.

Fra Lorenzo fait signe à tout le monde de sortir.

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SCÈ^E V. MANUELA, ZARAH, RICCARDO, LORENZO, LORExzo, à Martin.

J'ai dit : Sortez tous ! (Se retournant avec respect vers Manuela et Zarah.) Oui, tous!

ZARAH, diec dignité.

Excepté moi, monseigneur, moi qui suis sa femme.

LORE.xzo, s'inclinant.

C'est juste, les égards... les conveuances... Manuela et Jlartin sortent, par la porte du fond; Lorenzo par la porte à droite.

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