‹ Recueil d'opérasChapitre 817 sur 1141 · GÉRARD, CATARINA · texte numérisé non relu

GÉRARD, CATARINA

DUO

GÉRARD, à Catarina.

Ah ! je me sens mourir !

Arbitre de ma vie, C'est toi Quejerevoi, 0 ma douce amie, 3ui, je viens l'arracher à ton sort si cruel. Dieu me rend, près de toi, les délices du ciel ! CATARINA , avec amour.

Gérard ! !

GÉRARD

... Ah ! dans leur rage infâme , A mon amour ils croyaient te ravir, Lorsque c'est Dieu , d'un rayon de sa flamme , Qui lui-même a voulu nous unir.

CATARINA , à pari.

Gérard! ô ciel !... que dire?...

GÉRARD

Mais, près de moi , ton cœur soupire?

CATARINA, à part.

Le bonheur est ici... la mort à quelques pas !

GKRARD.

Grand Dieu! ne partages lu pas Et mon bonheur et mon ivresse?

CATARINA

Pardonne-moi le trouble qui m*oppre>se !

GÉRARD

Et pourtant je suis près de toi !

CATARINA, à part.

Mon Dieu! mon Dieu! prolégez-moi...

CATARINA, à part.

Hélas! il faut que je l'oublie, Quand il vient me jurer un amour éternel. Comment lui dire ici que sa flamme est trahie? Plutôt la mort que cet arrêt cruel.

GÉRARD , reprise du premier molif.

Arbitre de ma vie, C'est toi Que je revoi. 0 ma douce amie, Oui , je veux le jurer un amour éternel , Dieu me rend , près de toi , les délices du ciel !

GÉRARD, indiquant la croisée.

Quand ma bar/(ue rapide Atteindra l'autre bord , Un ami sûr, un guide A'a nous mener au port.

Viens , la nuit sombre

Couvre nos pas , L'amour dans l'ombre

Ne tremble pas.

Viens, tout sommeille;

Mais dans la nuit

L'amitié veille ,

Dieu nous conduit !

CATARINA, s'échappanl des bras de Gérard qui veut l'entraîner vers le balcon^

Non, non, Gérard, c'est impossible!

Il faut partir... Fuyez , oubliez-moi.

GÉRARD

Ah! grand Dieu! que dis-tu? Mais les serments,

[ta foi?

CATARINA, à part.

Il croit que je l'oublie, Quand je me sacrifie.

GÉRARD

Ne m'aimerais-lu plus? Cet aveu , c'est mon sorl... Mon avenir... oU ma vie... ou ma mort!

Pitié ! pitié ! .

LA REINE DE CHYPRE

CATARINA

GERARD

... Parle!

GATAHINA.

... O douleur extrême !

(Elle aperçoit le rideau de la chambre secrète s'enlî-'ouvrir et voit briller le poignard des spadassins. )

Eh bien ! ce n'est plus toi que j'aime , Non , non... ce n'est plus loi.

GÉRARD

. . . Quoi ! de sa bouche même Un tel aveu! Dieu!... je frémis d'horreur! Et de surprise et de terreur !

CATARINA , à part.

Tout me trahit et m'abandonne,

Au malheur j'ai voue mon sort.

D'horreur, d'eiïroi mon cœur frissonne...

Autour de moi , partout la mort !

J'ai prononcé l'aflrcux blasphème,

Kt malgré ces mots odieux

C'est toujours lui , c'est lui que j'aime,

A lui mon cœur et tous mes vOsux !

GÉRARD

Ah ! viens, suis moi , je t'en conjure. Tu ne peux pas être parjure.

CATARINA, à part.

Mon Dieu ! prenez pitié de moi !

Partez , Gérard , partez sans moi !

GÉRARD, la \ojant fuir avec terreur.

Eh bien ! il est donc vrai ! J'ai de ta perlidie Pénétré le secret affreux !

CATARINA , avec surprise.

Que dit-il?...

GÉRARD

... Un rival , au bonheur de ma vie Vient opposer Un titre, un rang, un nom pompeux.

CATARINA

Ociel!...

GÉRARD

...C'est le bruit de Venise !

Un prince... un roi t'offre sa main.

Et l'odieux espoir de cet illustre hymen , Ton orgueilleux désir en secret l'autorise.

CATARINA

C'en est trop!...

GÉRARD. <st,

... bi ces bruits sont menteurs.

Dis un mot, et je crois... ,

CATARINA , voyant Mocénigo , qui lui fait un signe de

menace et disparaît.

--;;' ".....iTout est vrai... %^ A part.

; ... Je me meurs !

GÉRARD , avec un désespoir contenu.

Je vous pardonne , à vous , à vous que ma faible|j Chérit peut-être encor d'une indigne tendresse. Mais celui qui m'arrache ù l'espoir, au bonheur Jusqu'au pied de l'autel je trouverai son cœur !

CATARINA

O douleur mortelle !

O peine cruelle !

Ma bouche fidèle Peut tromper ainsi !

Quel horrible outrage.

Quel aiïr^x langage !

IVÎais sans mon courage Il périt ici.

GERARD

o douleur mortelle!

Grand Dieu ! Quoi ! c'est elle Qui me parie ainsi ' Odieux langage , Trop cruel outrage !

D'horreur et de rage Mon cœui- est saisi.

CATARINA , courant & Gérard qui s'éloigne. Gérard , encore un mot , de grâce !

GÉRARt).

Pour un rival , je comprends vos regr-cts !

CATARINA

Ah ! vous ne savez pas... mais peut-être à ma place. .»-

GÉRARD , avec désespoir.

Je n'aurais pas trahi !...

CATARINA

... Vous parlez .■ GÉRARD, la repoussant et fuyant par le balcon.

... Pour^amais.,;

KCatarina tombe évanouie près du balcon, le rideau de la chambre secrète se relève, les spadassins paraissent à la porte , précédés de Mocénigo. )

MOCÉNIGO;, àCatarina, Pour sécher tant de pleurs un royaume t'attend. Calarina Conrer...

; la montrant aux spadassins. )

... A Chypre, maintenant !

r><>.r.->i.i II.

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