SCÈNE l
LE ROI endormi, LA REINE, UX MÉDECIN vénitien, debout auprès du lit du roi.
LA 'r.KINE, au docleur.
Des docteurs de Venise , ô le plus vénéré, Du sommeil qu'il vous doit la paisible infli '>nce Pour un instant, du moins, a calmé sa souffrance. Retirez- vous, sur lui seule je veillerai!
( Le docteur sort. ) Deux ans passés à peine... et lu froide vieillesse A déjà sur son front répandu la pâleur. Sous un mal inconnu succombe sa faiblesse. Du destin qui l'attend funeste ayant-coureur !
LE ROI , rêvant.
Triste exilé sur la terre élrangore...
LA REINE
Dans son sommeil que dit-il ? quels accents?
LE lîOI, levant.
Gérard ! Gérard ! plus d'espoir sur la terre.
LA IiEi.NE.
iMon Dieu! mon Dieu! c'est son nom que j'entends!...
CANTABILE
Gér.ird, grand Dieu! Gérard !... et c'est lui qui l'ap- Ce nom qui, dans mon cœur, hélas! a retenti [pelle! J'espérais l'oublier. . De ma bouche fidèle, Depuis deux ans , il n'est janriais sotli. Faut-il , scrinonls d'épouse , amour sacré de nièrc , A de nouveaux combats préparer ma douleur? Est-il donc vrai, mon Dieu ! que jamais sur la terre Je ne doive espérer de lasser la rigueur ?