GÉRARD ET LA REINE
A cet instant suprême.
Par sa voix , c'est Dieu même Qui, d'un juste analhème, Vient frapper sou bourreau.
Son pouvoir le ranime.
Et, pour l'effroi du crime, Arrête la victime Sur le bord du tombeau !
LE ROI
A cet instant suprême , Par ma voix , c'est Dieu mêiue
LA REINE DE CHYPRE
Qui, d'im june anjUnin3.
Vient frapper mon bourreau !
Son pouvoiV me ranime , Et, pour l'effroi du crime, Arrête la victime Sur le bord du tombeau.
MOCKNIOO.
A cet instant suprême On dirait que Dieu même , D'un terrible analhême, Vient frapper son bourreau !
Mais pour l'effroi du crime, La rage en vain l'anime, Je brave la victime Sur le bord du tombeau.
LE IlOI.
Oui, je la défendrai... d'infâmes impostures! Oui , je démasquerai l'abominable auteur ! Et tout son sang versé dans d'horribles tortures K'assouvira pas seul ma trop juste fureur !
MOCÉMGO , au roi.
Frrtppez... Mais croyez-vous, pour un soldat qui
[tombe, Que Veriiseaujourd'liuisipromptem.ïiUsuccombo? . Du sein de nosr vaisseaux , maiires de l'arsenal , La Foudre pour tonner n'attend plus qu'un signal,
(Agitant son écharpe près de la fenêtre.) Le voici !
(On entend aussitôt une f^rle ilétonation au loin. )
LE P.OI, appelant a\ec furt^iir, et montrant Moréiiigo. ... Gardes, qu'on le saisisse !
De toi je douterais , Mon Dieu, si ta jtislice Epargnait ses forfai's.
( D ? gardes paraiîsenl H s'emparent de Mocénigo. LE ROI, LA REINE, GÉRARD.
Guerre ! guerre à Venise !
Frappé de toutes pjirls , Que son pouvoir se brise Au pied de ces remparts.
Que sa chute sanglante , Terrible souvenir, A jamais épouvante Les siècles à venir.
MOCÉNIGO, au milieu d.-s gardé».
Gloire ! gloire à Venise!
Tonnant de toutes parts.
Déjà sa foudre brise Ces impuissants remparts.
Que leur chute sanglante, ^
Terrible souvenir, A jamais épouvante Les siècles à Tenir.
■jt
LA RlilNE.
En cet instant d'alarmes.
Sire, voyez nos larmes ;
GÉRARD, au roi.
Tour vous, un frère d'armes Veut combaitre^àvec moi.
LE ROI , à la reine.
Toi , près d'un fils demeure !
5Si c'est ma dernière heure , Ah ! que du moins je meure En chevalier, en roi! ^
LE ROI , LA REINE , GÉRAft#.
Guerre, guerre à Ve«isc !
Frappé de toutes parts , Que son pouvoir se brjse Au pied de ces remparts.
Que sa chute sang-lante.
Terrible souvenir, A jamais épouvante Les siècles à venir.
MOCÉMGO. .
Gloire! gloire à Venise!
Tonnant de toutes parts.
Déjà sa foudre brise Ces impm'ssanis rOTfiparts.
Que leur chute sanglante, '
Terrible souvenir, A jamais épouvante ;'
Les siècles h venir 1
Pcn !anl l'ensemble, le bruit de la révolle a redoublé dans la ville. Le canon tonne, ^^âpnbour bat. Des lueurs d'incendie éclairent le camnet royal par la croi.sccqui donne sur la phice.
La reine sort vivement, ainsi que Gérard , et le roi. presque mourant, se fait conduire au combat soutenu par ses écuyers.
Mocénigo est emmené par les gardes qui l'entùttrenl.)
DEIXIÈME TABLEAU.