‹ Recueil d'opérasChapitre 878 sur 1141 · C0MS1I>GE · texte numérisé non relu

C0MS1I>GE

Aussitôt, cette hôtellerie d'Étampes m'est revenue dans l'esprit ; l'embarras de ces dames, le trouble de Merçy... Il est du même pays qu'Isaljelle !... il peut l'avoir connue!... (Saisissant le bras de CantarcUi. ) Ah! s'il était vrai! si je découvi-ais quelque ruse autour de moi!... toute la cour, mort-dieu! viendrait au bout de ma rapière !

CANTAnELLI, à part.

Qu'est-ce que vous voulez faire avec un chrétien pareil?... Oh! quelle idée sublime!

COMMIXGE.

Que dis-tu?

CA?iTAP.ELLT , souriant.

Moi? rien du tout; je t'écoute en silence; je t'ai laissé parler tout à ton aise, et en me détournant seulement pour te cacher mon envie de rire ; j'étais dans une hilarité qui m'étranglait.

COMMISGE, se fâchant.

Quoi! ventre-dieu!...

CASTARELLI.

Doucement!... (Doucereusement.) Et maintenant dis-moi, tendre ami de mon cœur, si tu n'es pas un fou... toi, des rivaux!... je suis humilié de ta modestie ! tu me fais de la peine!... Il s'agit bien d'Isabelle, ma foi! (En confidence.) La reine de Navarre ne serait pas de cet avis.

COMMISGE.

Qu'est-ce à dire?

CASTAKELLt.

Te souvient-il pas du séjour dernier que fit Marguerite en Gascogne?... c'est là que le tendre Mergy, séduit, enivré par le rang et la coqiictterie de la princesse...

c^jP

CO«MI>nE.

Quoi! aurait-il osé?...

CA^TAIIELLI.

Oui , il a osé, et je crois même qu'il a bien fait. Apprends donc un secret dont je suis confident, je le sacrifie à ta tranquillité. Vois si je t'aime! si je te suis fidèle!...

COMMI>GE.

Oh! tu m'impatientes!

CANTARELLI

Silence!... ce soir, la compatissante Marguerite se débarrasse d'Isabelle en l'envoyant au bal, et elle reste ici pour y recevoir secrètement le jeune fou qu'elle a ensorcelé.

COMMISGE, gaîment.

Est-il possible!

CANTARELLI

Et c'est moi qui suis chargé de rintn);lnire par la petite porte du parterre.

COMMISGE, désignant la porte.

Par-là.

CA>TARELLI.

Précisément.

C0MM15GE, riant.

Oh! tout s'explique, alors!

CA^TAP,ELLI , de même.

Tu vois bien !

C0MMI5GE.

Oui, le propos de Catherine...

CANTARELLI

Sur les galants de la Navarre...

Ah ! c'était pour sa nlle !

CANTARELLI

C'est amusant, pas vrai?

COMMISGE.

Oui , pardieu !

CASTARELLI.

Et ce pau^TC roi de Navarre !

COM.MISGE.

Qui envoie pour ambassadeur 1...

CANTARELLI

Justement!

COMMIXGE.

C'est toujours ainsi!

CANTARELLI

Toujours!

(Ils rient tons deux aui ëclat*.) COMMISGE.

Taisons-nous, voici ta mascarade, et je vais chercher Isabelle.

(11 entre chez la reine. ) CASTARELLI, à part.

Ouf!... à chaque pas je m'enfonce un peu

"^fi"

LK l'UÉ-AUX-CLEIlCS.

SCi^NE VI.

CAN TAUl'^lXl, -M.ASQCES de toute espèce ; GIROT, qu'o:i a ImMIIl- {;rolfsquenient , et qu'on fiiit sauter par force; Ni'CETTE, tenue et tourmentée par les masques.

MASQVES.

Chantons, dansons, dansons toujours.

Et profitons de nos beaux jours !

GIROT, essoufflé.

Je n'en puis plus ! mais c'est égal ; Du roi je vais donc \ oir le bal !

M CETTE , courant à Cantarelli.

Ab! monsieur, de grâce!

Faites-les finir !

Ah ! que je suis lasse De tant de plaisir !

Messieurs vos ermites Sont des hypocrites , El vos arlequins Sont de vrais lutins ; Vos Pierrots, vos Gilles, Font les imbéciles , Maisji; vois, tout bas, Qu'ils ne le sont |ias.

Ce sorcier m'assure Pour bonne aventure Que monsieur Girot Me sera qu'un sol.

Par-là l'un me tire.

L'autre par là bas; Et chacun de lirc De mon embarras...

Ah! monsieur, de grâce!

Faites-les finir !

:\h I que je suis lasse De tant de plaisir!

GIROT , à Ca.itaielli.

i'ardou pour son impeilinciicc ; Je rougis de sou ignorance.

CASTARELLI, uistenient, à Nicette.

lleposez-vous, ma chère enfant...

Et j'en voudrais bien faire autant!

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