C0MS1I>GE
Aussitôt, cette hôtellerie d'Étampes m'est revenue dans l'esprit ; l'embarras de ces dames, le trouble de Merçy... Il est du même pays qu'Isaljelle !... il peut l'avoir connue!... (Saisissant le bras de CantarcUi. ) Ah! s'il était vrai! si je découvi-ais quelque ruse autour de moi!... toute la cour, mort-dieu! viendrait au bout de ma rapière !
CANTAnELLI, à part.
Qu'est-ce que vous voulez faire avec un chrétien pareil?... Oh! quelle idée sublime!
COMMIXGE.
Que dis-tu?
CA?iTAP.ELLT , souriant.
Moi? rien du tout; je t'écoute en silence; je t'ai laissé parler tout à ton aise, et en me détournant seulement pour te cacher mon envie de rire ; j'étais dans une hilarité qui m'étranglait.
COMMISGE, se fâchant.
Quoi! ventre-dieu!...
CASTARELLI.
Doucement!... (Doucereusement.) Et maintenant dis-moi, tendre ami de mon cœur, si tu n'es pas un fou... toi, des rivaux!... je suis humilié de ta modestie ! tu me fais de la peine!... Il s'agit bien d'Isabelle, ma foi! (En confidence.) La reine de Navarre ne serait pas de cet avis.
COMMISGE.
Qu'est-ce à dire?
CASTAKELLt.
Te souvient-il pas du séjour dernier que fit Marguerite en Gascogne?... c'est là que le tendre Mergy, séduit, enivré par le rang et la coqiictterie de la princesse...
c^jP
CO«MI>nE.
Quoi! aurait-il osé?...
CA^TAIIELLI.
Oui , il a osé, et je crois même qu'il a bien fait. Apprends donc un secret dont je suis confident, je le sacrifie à ta tranquillité. Vois si je t'aime! si je te suis fidèle!...
COMMI>GE.
Oh! tu m'impatientes!
CANTARELLI
Silence!... ce soir, la compatissante Marguerite se débarrasse d'Isabelle en l'envoyant au bal, et elle reste ici pour y recevoir secrètement le jeune fou qu'elle a ensorcelé.
COMMISGE, gaîment.
Est-il possible!
CANTARELLI
Et c'est moi qui suis chargé de rintn);lnire par la petite porte du parterre.
COMMISGE, désignant la porte.
Par-là.
CA>TARELLI.
Précisément.
C0MM15GE, riant.
Oh! tout s'explique, alors!
CA^TAP,ELLI , de même.
Tu vois bien !
C0MMI5GE.
Oui, le propos de Catherine...
CANTARELLI
Sur les galants de la Navarre...
Ah ! c'était pour sa nlle !
CANTARELLI
C'est amusant, pas vrai?
COMMISGE.
Oui , pardieu !
CASTARELLI.
Et ce pau^TC roi de Navarre !
COM.MISGE.
Qui envoie pour ambassadeur 1...
CANTARELLI
Justement!
COMMIXGE.
C'est toujours ainsi!
CANTARELLI
Toujours!
(Ils rient tons deux aui ëclat*.) COMMISGE.
Taisons-nous, voici ta mascarade, et je vais chercher Isabelle.
(11 entre chez la reine. ) CASTARELLI, à part.
Ouf!... à chaque pas je m'enfonce un peu
"^fi"
LK l'UÉ-AUX-CLEIlCS.
SCi^NE VI.
CAN TAUl'^lXl, -M.ASQCES de toute espèce ; GIROT, qu'o:i a ImMIIl- {;rolfsquenient , et qu'on fiiit sauter par force; Ni'CETTE, tenue et tourmentée par les masques.
MASQVES.
Chantons, dansons, dansons toujours.
Et profitons de nos beaux jours !
GIROT, essoufflé.
Je n'en puis plus ! mais c'est égal ; Du roi je vais donc \ oir le bal !
M CETTE , courant à Cantarelli.
Ab! monsieur, de grâce!
Faites-les finir !
Ah ! que je suis lasse De tant de plaisir !
Messieurs vos ermites Sont des hypocrites , El vos arlequins Sont de vrais lutins ; Vos Pierrots, vos Gilles, Font les imbéciles , Maisji; vois, tout bas, Qu'ils ne le sont |ias.
Ce sorcier m'assure Pour bonne aventure Que monsieur Girot Me sera qu'un sol.
Par-là l'un me tire.
L'autre par là bas; Et chacun de lirc De mon embarras...
Ah! monsieur, de grâce!
Faites-les finir !
:\h I que je suis lasse De tant de plaisir!
GIROT , à Ca.itaielli.
i'ardou pour son impeilinciicc ; Je rougis de sou ignorance.
CASTARELLI, uistenient, à Nicette.
lleposez-vous, ma chère enfant...
Et j'en voudrais bien faire autant!