ACTE III. SCÈNE III
Sa puissance suprême Vient d'unir deux amants. Oui , mou anic est ravie; Je ciiéris mon succès.
Oui , je suis voire amie , Et veux l'être à jamais!
MARGUEniTE.
Redoublons de prudence.
ISADKLLE.
G charmant avenir!
MEnOY , à part.
Grand Dieu! l'heure s'avance!
Comminge va venir!
ISADELLE.
Ah ! je crois faire un songe !
MAROrERITE.
Que ton cœur est ravi!
MEP.GY, à part.
Hc-las ! ^lar quel mensonge Les éloigner dici?
ISABELLE
Quel bonheur !
MAtinUEUITE.
Ta patrie...
ISABELLE
Je vais donc...
M AT. GUERITE
La revoir.
ISABELLE
Pour toujours?
MARGUERITE
Pour la vie, ISABELLE, désignant Mergy. Avec lai?
MKROY , à part.
Quel espoir!
ISABELLE
Mon pays !
MARGUERITE, la regardant avec amitié.
Quelle ivresse !
ISABELLE
Quoi , je pars !
MARGUERITE
Chère enfant!
ISABELLE
Avec lui !
MERGY, à part.
Le temps presse.
ISABELLE
Avec lui!
MERGY, à part.
C'est l'instant !
ENSEMBLE
MERGY et ISABELLE.
C'en est fait! le ciel même A reçu nos serments , etc.
MAHGI7ER1TE.
C'en est fait ! le ciel même A reçu vos serments , etc.
eeeosoeeegeeeeeeeeoseseeeeoesoseMssa&osoeeooeeeeseeMeeee
Les Mêmes; CANTARELLI, pâle, fort triste e,
couvert d'un grand manteau brun.
CANTARELLI, entrant.
Ah! les voilà, mes barbares persécuteurs!
MARGUERITE, le voyant.
Cantarelli !... Enfin il arrive pourtant.
CAKTARELLI , tristement.
Oui , madame , voici votre victime infortunée.
MARGUERITE, gaîment.
Eh! mon Dieu! qu'est-ce donc? quelle figure triste et pâle!... et ce grand manteau brun qui vous donne l'air d'un moine espagnol?
CAKTARELLI.
Je grelotte la fièvre; je suis anéanti! Oh! dans quel travail m'a lancé votre gracieuse majesté!... Je n'ai pas respiré depuis vinfjt-quatre heures, et pour m'achever il m'a fallu chanter jusqu'à minuit, au chevet de la reine-mère, des menuets et des barcarolles.
51ARGDERITE.
Pourquoi?
CANTARELLI
Pour attendrir son oreille et son cœur, et on obtenir cette carte de passe à la porte de Nesle { Il remet une carie à Marguerite.)
Ah! donnez! voyons vite!
CANTARELLI
Oh ! rion n'y manque : un cavalier et son page. J'ai fait une histoire : j'ai dit que c'était pour moi... un rendez-vous galant hors des remparts. Et jamais je n'ai si bien menti, car je ne suis guère en train de conter fleurettes ce soir!
MARGUERITE, à Mergy.
A merveille. Tenez, gardez bien cette carte (A Cantarelli. ) Maintenant, les chevaux et les habits de page?
CANTARELLI
A huit heures précises au bout de cette allée.
MARGUERITE
Les relais?
CANTARELLI
Ordonnés jusqu'au bord de la Loire. Point d'obstacle à leur fuite. Et plùt au ciel que mon sort fût assuré comme celui de ces bons amis!
MARGUERITE
Eh! mon Dieu! ne cesserez-vous vos latations !
CANTARELLI
Im[>ossible ! vous ne savez pas que tout
iD
LE PRË-AUX-GLERCS.
m'accable à-la-fois, et qu'après tant de fatigue et de tribulations je suis encore forcé, tout-àriieure, de tirer ma rapière au service de ce pauvre Comminge.
MERGY, à part et vivement.
O ciel! que va-t-il dire!
MARGUEHITE, vivement.
Comminge !
ISABELLE, de même.
11 est ici?
CANTARELLI
Pas encore, mais bientôt.
MARGUElilTE.
Pour se battre?
CASTARELLl.
Sans doute. Il s'ennuyait depuis bier matin; tt, pour que je m'amuse aussi, il m'a nommé son second.
MiRGCERITE.
Et quel est son adversaire?
CANTARELLl.
Je l'ignore.
MERGT , à part.
Je respire.
CANTARELLl.
Il n'a pu me dire que deux mots à l'oreille. Le roi était là qui partait pour Saint-Cloud.
MARGUERITE
Je croyais que Comminge y soupait avec lui.
CASTARELLI.
Oui; il ne s'arrêtera que le temps d'expédier son homme. Oh! tranquillisez-vous : cinq ou six. minutes, et il partira.
ISABELLE
Et s'il nous aperçoit!
CANTARELLl.
Que Dieu nous en préserve! Voici son rendez-vous, il faut quitter la place.
MERGY , à Marguerite.
Il a raison, madame. La noce qui se fait ici a servi de prétexte à votre sortie du Louvre , et, en attendant la nuit, il serait prudent de paraître chez ces bonnes gens.
ISABELLE
El vous, mon ami?
caktarelli.
Lui? oh! je vais l'enfermer ici proche, chez un baigneur de mes amis. Et quand l'horloge du Louvre il sonnera huit heures...
MARGUERITE, à Mergy,
Vous reviendrez ici; je la mets dans vos bras...
CANTARELLl.
Et puis, vite , à cheval.
MARGUERITE, à Isabelle.
Oui, venez, mon enfant, évitons les soupçons et les regards jaloux.
MERGY, pressant leur départ.
Adieu.
CANTARELLl, à la leine.
N'oubliez pas...
MARC-UERITE.
Non : l'horloge du Louvre...
CANTARELLl.
Sur le coup de huit heures.
MARGUERITE
Ici même ; il suffit.
ISABELLE, à Mergy.
Adieu !
( Elles disparaissent. )
MERGY
Ah! que le ciel daigne veiller sur elle!
eseoeeoeeeeeeooeoeeeoseessdagesoeeoessseeesseeeeeeesoeeeeo