‹ Recueil d'opérasChapitre 893 sur 1141 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

Les Mêmes, COMMINGE.

COMMINGE, riant.

Dieu vous {jnrde, messieurs ! Parilon ; le roi m'a retenu pour me montrer le plan d'une jirorcssion nouvelle de pénitents bleus et de pèlerines roses; ce sera gai, n'est-ce pas? Le roi en riait de tout son cœur, mon devoir m'ordonnait d'en rire bien plus fort; cela m'a retardé ; mais enfin me voici à notre petite affaire.

CANTARELLI, à paît, et se rapprochant.

Comme il est j^ai !... je n'y comprends rien !

MERGY , à Coniminge.

Allons, monsieur.

COMJllSGE.

(lui, car je soupe à Saint-Cloud. Voyons. (Montrant Caniarelli.) Voici mon Second ; où est le vôtre?

MERGY

Je n'en ai pas, monsieur.

CASTARELU, à part.

Oh ! le brave garçon !

MERGY

J'arrive à Paris, je n'y connais personne, et d'ailleurs...

COMMISGE, regardant dans les allées.

Oh ! qu'à cela ne tienne. J'aurai bientôt trouvé quelqu'un, et Cantarelli que je Vous cède se battra de votre côté.

CANTARELLI, à part.

Satan est après moi 1

MEEGY, vivement.

Oh ! que de temps perdu ! A nous deux, s'il vous plaît 1

COMMIKGE, riant.

Comment!... nous allons dégainer seul à seul comme deux écoliers de la Sorbonne! ah! pardieu ! les Turlupins de la cour vont se divertir de cette aventure, et les beaux esprits de la basoche en feront jouer une parade !

MERGY, s'emportant.

A nous deux, vous dis-je !

COMMINGE

Fort bien ; c'est pour vous obliger que je me donne un ridicule: vous faites de moi tout ce que vous voulez. Allons, Cantarelli?

CANTARELLI

Hé?

COMMINGE

A ton office. Mesure nos rapières

CANTARELLI, passant au milieu.

Je n'y pensais pas. ( A Mergy. ) Donnes, monsieur le baron.

MERGY, donnant son épée.

Tenez.

CO.VMINGE, prenant l'épée de Mergy.

Qu'est-ce que c'est que cela?... d'où vient

cQs

donc cette aiguille à tricot de ma granil' mère!... et cette coquille (pii estropie la main !... c'est pitoyable! Tenez, trois pouces de moins.. je n'y vois qu'un moyen; changeons, prenez la mienne.

MERGY, reprenant vivement son épée.

Oh ! vive-Dieu ! je n'écoute plus rien !

COMMINGE, badinant.

Oh! vive-Dieu, tant qu'il vous plaira! mais je ne me soucie pas de vous tuer, moi. Il ne s'agit ici que d'une ou deux égratignures pour le mot malencontreux qui vous est échappé ; et, foi d'homme d'honneur, si vous vouliez le rétracter...

MERGY , vivement.

Pour qui me prenez-vous ?

CANTARELLI, s'enlremettant.

Eh quoi ! c'est pour un mot?...

COMMINGE, gaîment, prenant le bras de Cantarelli.

C'est incroyable! il s'est mis en colère parceque je l'ai félicité sur ses amours.

CANTARELLI , étonné.

Ses amours?

COMMINGE

Oui; je savais par toi sa flamme secrète, et tout en plaisantant...

MERGY, saisissant I autre bras de Cantarelli.

Qu'eiitends-je!... quoi! c'est vous qui nous avez trahis !

CANTARELLI

Moi?

COMMINGE , riant Tu comprends ?

CANTARELLI

Du tout.

MERGY, en colère.

Répondez !

CANTARELLI

Doucement !

COAIMINGE.

Tiens! l'accès le reprend!

MERGY, à CantarellL Misérable !

COMMINGE

Eh ! quel mal ?...

MERGY, hors de lui.

Mais je vous brave tous, les traîtres, les jaloux, votre cour si perfide !... Celle que j'aime est à moi pour jamais ! et la mort seule peut me séparer d'Isabelle !

COMMINGE, frémissant.

Isabelle !

FINAL

COMMINGE

Je frémis!

CANTARELLI

Je frissonne !

Qu'est-ce Jonc qui l'étonné!

cSSÇ;

LE PRÉ-AUX-GLEUCS-

COMMINGE, à Cantarelli.

Qu*a-l-il dit ?

CA>TàRELLl.

Je suis mort l COMMINGE.

Tu disais?...

CANTARELLI

J'avais tort.

COMMIKGE.

Cet amour qui l'entraîne N'est donc pas pour la reine?

MERGT, très surpris.

Quel discours !

CANTÂRELLI , à Comminge.

On disait...

COMMINGE

J'étais donc ton jouet?

CANTARE1.LI

Mon ami , je t'cu prie...

COMMIÎSGE.

Trahison! perKdie!

CANTARELLI

Je croyais...

COMMINGE, le faisant pivoter pour passer près de Mergy.

Attends-moi; Après lui c'est à loi.

(A Mcffiy.)

Qu'as-tu dit d'Isabelle?

MERGT.

Tous mes vœux sont pour elle.

COMMIÎSGE.

Et son cœur ?

MERGV.

Est à moi.

COMMINGE

O fureur?

CANTARELt.1.

Quel effroi !

ENSEMBLE

COMMIKGE.

Ah ! jamais autant de rage N'avait agité mon cœur!

Viens me payer cet outrage !

Viens!... je tremble de fureur!

MERGT.

Ah ! je puis braver ta rage !

L'amour m'a fait ton vainqueur.

Il redouble mon courage , Et tu trembles de fureur !

CANTARELLI, tremblant.

Ah! j'ai fiai mon voyage...

J'étais silr de- mon malheur!

Et jamais autant de rage N'avait agité mon cœur !

(Comminge et Mergy commencent à se battre. )

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