ACTE 11, SCÈNE VIII
CAMll.l.li, les inains jointes.
Ayez pitié lie 111,1 diiuleur. (Avec effoii.)
Al|>lioiisc 1 je ne jmis lien dire!
AI.PtIONSE, vivement.
Ah! j'ai tout deviné...
CA.MILLE, effrayée.
Grands dieux!
Al.PlIOKSE.
F.n vain vous voudriez le taire...
CAMILLE
CoinRienl?
ALVHONSE.
Ce sacrifice affreux.
CASIILLE.
Eh bien!
ALPHOXSE.
C'est votre père...
CAMILLE, avec force.
Ail ! uc l'accusez pas !
S'il le savait , hélas!
Il n'y souscrirait pas !
ALPHONSE , confondu.
Qu'entends-je ? ô ciel !
CAMILLE, avec ame.
Tel est le destin qui m'accable, ,Ie dois vous fuir, vous oublier , Et ne puis me justifier Sans devenir bien jilus coupable.
ENSEMBLE
CAMILLE , à part.
Pour mon cœur quel moinent ! Ce doute qui l'accable Augmente mon tourment.
ALI'UOSSE, à part.
Quel langage effrayant !
Ce doute qui m'accable Augmente mon tourment.
ALPHONSE, vivement.
Quel est donc cet éuoui ?
CAMILLE, avec trouble.
Ne m'interrogez pas.
ALPHONSE
Quels sont ses droits sur vous?
CAMILLE
Ne m'interrogez pas.
ALPHONSE
Ah ! si pour vous défendre Il ne faut que mon bras...
CAMILLE, effrayée.
Parlez bas !
il pourrait vous entendre , Et la mort suit toujours ses pas.
AI-l'HONSE.
Que dites-vous ?
CA.MILLE, vivement.
Séparons-uous.
sMa
ENSEMBLE
CAMILLE, tendrement. 11 faut se quitter i)our la vie !
Alphonse , reçois mes adieux !...
Loin de toi , ta fidcle amie Pour ton bonheur fera des vceux.
ALPHONSE
Eh quoi ! se quitter pour la vie ,
Prononcer d'éternels adieux!...
Ah ! le seul bonheur que j'envie
Est de pouvoir expirer à tes yeux !
ALPHONSE, amèrement.
Tu ne m'aimas jamais.
CAMILLE
O ciel ! qii'ose£-lu dire ?
Moi ! je ne t'aimais pas ! Ingrat, je t'aime encor ; C'est pour toi seul que je respire , Mon amour est mon seul trésor ; En cet instant je puis encor le dire ; Mais bientôt un autre serment...
ALPHONSE, saisissant sa main.
Ah ! Camille!...
( On entend sonner une heure. ) CAMILLE, le repoussant.
Ecoute ! ou m attend.
ENSEMBLE
CAMILLE, tendrement.
11 faut se quitter pour la vie, Alphonse , recois mes adieux !...
Loin de toi , ta fidèle amie Pour ton bonheur fera des vreux.
ALPHONSE
Eh quoi I se quitter pour la vie ,
Prononcer d'éternels adieux !...
Ah! le seul bonheur que j'envie
Est de pouvoir expirer à tes yeux !
( Ciniille rentre précipitamment. )