‹ Recueil d'opérasChapitre 955 sur 1141 · SCÈNE V · texte numérisé non relu

SCÈNE V

ALPHONSE, sur le balcon; DANIEL, ZAMPA.

ZAMPA , s'étendant dans un fauteuil.

INIe voilà donc chez uioi, dans mon ménage... ()ir.n (lis-tu, Daniel?

OAMF.L, rcparjani autour de lui.

L'ancrage paraît agréable.

ZAMPA , de même.

Oui, pour un homtne qui a noené une vie errante, i! est assez doux de se trouver maître totu-à-coup d'une jolie femnte et d'une bonne maison...

OAMEL, soupirant.

Que Dieu vous y maintienne 1 Quant à moi, capitaine, je vous fais mes adieux, je me retire des affaires.

ZAMPA

Tu veux me quitter? et au moment où nous allons vivre en honnêtes gens !... Tu n'as donc pas de vocation pour cet état-là?

nAMEL.

Au contraire, quand ce ne serait que pour changer! mais je ne puis me faire à tout ce qui se passe autour de vous !... Des statues qui marchent, qui se promènent, comme des personnes naturelles, qui ne vous laissent pas un moment de repos... (hésitant.) car il parait que vous l'avez encore vue pendant la cérémonie ?

ZAMPA, reprenant son sérieux.

Je t'avais défendu de m'en reparler.

nAîilEL.

Pardon, c'est malgré moi; mais vos traits étaient si bouleversés en sortant de l'église, et puis cet ordre que vous nous avez donné...

ZAMPA , sévèrement.

Est-il exécuté ? C'est tout ce que je veux savoir.

DA^ilEL.

Je me suis rendu avec quatre de vos gens, comme vous l'aviez commandé, dans la galerie (lu château, oii, chose étonnante, celte diable ile statue que vous veniez de quitter à la thajielle avait déjà repris sa place ordinaire , comme si de rien n'était. Nous l'avons enlevée, c'est-à-dire on l'a enlevée ; car je n'y aurai.» jias touché pour un empire; et, après l'avoii brisée en mille pièces, on l'a jetée à la mer.

ZAMPA , respirant.

C'est bien; m'en voilà délivré!

DAMEL

Ainsi soit-il ! Mais cela a produit un singulier effet : dès que ces débris ont disparu, la mer s'est agitée, l'Etna a jeté des flammes...

ZAMPA

Imbécile! tu vois du merveilleux par-tout; c'est qu'il devait y avoir une éruption.

DANIEL

C'est ce que je me suis dit. (Tressaillant.) Ah ! mon Dieu! capitaine! n'avez-vous pas eiitcmiu marcher de ce côté?

ZAMPA, souriant en montrant la droite.

Sans doute, Camille qui m'aiiend, et tu me feras plaisir...

(Lui montrant la porte.)

ZAMPA

DANIEL

C'est juste, il est temps de se retirer. (Regardant autour du lui.) C'est qu'il faut traverser cette inaurlite galerie, pour aller rejoindre madame Daniel.

ZAMPA , surpris.

Madame Daniel ?

Hélas ! oui, capitaine; tout n'est pns bénéfice dans ce monde : j'ai retrouvé ma femme.

ZAMPA , riant.

En vérité !

DASIEL, les yeux au ciel.

Et pour me mortifier, je vais finir mes jours avec elle. J'espère i|ue ça me comptera là-!iaut et que ça fera pardonner bien des choses!

ZAMPA

Je le souhaite.

DAMEL

Croyez-moi, capitaine, amendez-vous aussi; il n'est jamais trop tard pour se repentir! Tâchons de nous comporter le plus honnêtement possible, ne gardons plus le iiien d'autrui, et... ZAMPA, avec inipalience.

Ah!...

DASIEL.

Je reviendrai demain chenher ma part des dernières prises. Bonne nuit , capitaine. ZAMPA, l'accompagnant.

Au diable ! et que Satan te confonde, toi et tes sermons !

(Daniel sort.)

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