SCÈNE VI
DANIEL, seul, en costume de berger chaldéen.
(IlsouléTC une draperie du fond , regarde de touscôlcs, et Tient en Bcène mystérieusement.)
Ils ne m'ont pas suivi ?.. non... enfin, je repire... J'ai trompé les gardiens... ô bonheur! je puis dire Que Dieu lui-même, ici, m'a conduit par la main!.. De ce palais j'ai pu franchir l'entrée ; Oui , me voilà dans l'enceinte sacrée , Qui dérobe Suzanne à tout regard humain. Maintenant, sans péril pour elle, Comment me montrer à ses yeux?..
Comment remplir mon message fidèle , Mon message mystérieux !..
Comment, dans ma jeune âme, Soutenir, à la fois.
Le regard d'une femme , Et le son de sa voix!..
Moi qui n'ai , dans le monde, Entendu que l'écho, Le murmure de l'onde.
Ou le chant de l'oiseau...
Moi , dont la fleur éclose Seule a charmé les yeux...
Ici-bas, moi qui n'ose Contempler que les cieux...
Comment la regarder , Elle, Qu'on dit si belle!..
Et comment me garder De parler , Sans trembler ?..
Comment, dans ma jeune âme, Soutenir , à la fois , Le regard d'une femme, Et le son de sa voix!..
(S'aiançant à droite.)
Mais, pourtant, illefaut... Une femme! on m'a vu!
(Il s'arrête.)
Fuyons, fuyons... tout est peidu...
(11 va pours'eio'giic!.)
LA CHASTE SUZANNE