‹ Recueil d'opérasChapitre 968 sur 1141 · SCÈNE VI · texte numérisé non relu

SCÈNE VI

DANIEL, seul, en costume de berger chaldéen.

(IlsouléTC une draperie du fond , regarde de touscôlcs, et Tient en Bcène mystérieusement.)

Ils ne m'ont pas suivi ?.. non... enfin, je repire... J'ai trompé les gardiens... ô bonheur! je puis dire Que Dieu lui-même, ici, m'a conduit par la main!.. De ce palais j'ai pu franchir l'entrée ; Oui , me voilà dans l'enceinte sacrée , Qui dérobe Suzanne à tout regard humain. Maintenant, sans péril pour elle, Comment me montrer à ses yeux?..

Comment remplir mon message fidèle , Mon message mystérieux !..

Comment, dans ma jeune âme, Soutenir, à la fois.

Le regard d'une femme , Et le son de sa voix!..

Moi qui n'ai , dans le monde, Entendu que l'écho, Le murmure de l'onde.

Ou le chant de l'oiseau...

Moi , dont la fleur éclose Seule a charmé les yeux...

Ici-bas, moi qui n'ose Contempler que les cieux...

Comment la regarder , Elle, Qu'on dit si belle!..

Et comment me garder De parler , Sans trembler ?..

Comment, dans ma jeune âme, Soutenir , à la fois , Le regard d'une femme, Et le son de sa voix!..

(S'aiançant à droite.)

Mais, pourtant, illefaut... Une femme! on m'a vu!

(Il s'arrête.)

Fuyons, fuyons... tout est peidu...

(11 va pours'eio'giic!.)

LA CHASTE SUZANNE

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