AUTRE PARAPHRASE DU CANTIQUE D’EZECHIAS
“Isaïe. c, 39.) Sur l'air : Des Folies d'Espagne.
JE me voyois au milieu de ma course, Dans la vigueur de l’âge le plus beau:
Et je me meurs, mon mal est sans ressource, Je vais entrer dans la nuit du tombeau.
À ce moment, mon ame est interdite ;
. Elle se trouble; elle frémit d’horreur.
Trop courte vie! ah! faut-il que je quitte Tes faux plaisirs avec tant de douleur!
Oui, c’en est fait; j'entends Dieu qui m’ap-
Il Pa. Era séjour des vivans :
En vain mon ame à ses ordres rebelle, Dans ce:sejour veut rester plus long-temps.
Tel qu’un berger qui change de demeure, Qu'’on voit plier sa tente en un instant; Ainsi je pars, voici ma dernière heure, Avant la nuit, le sépulcre m'attend.
Je vois, Seigneur, votre main qui réclame, Et qui reprend les dons que j'ai reçus :
Je sens le coup qui va trancher la trame Des jours heureux qu’elle m’avoit tissus.
Tel qu’une fleur qu’au matin l’on voit naître,
Et que L À peine, Qu'il a
e me fi:
Mon cœ orsque Et me re
Comme EFond su Ainsi lar Contre e
Non la cd Quand el Fendre 1 M Ne craint
Mes yeu:
Portent a La mort Et se sai
Tout me Parens, 2 Point de Ciel! voi
‘Oui, c’es C'est du Mais c'e C’est le £
Et que le soir on verra se flétrir ; MA peine, hélas! commençais-je à paroître, Qu'il a fallu me résoudre à mourir.
e me flattois d’une espérance vaine ;
on cœur formoit d’ambitieux projets, orsque la mort dans le tombeau m’entraine, Et me ravit tant de charmans objets.
| Ce, | | Comme un lion que la fureur anime, EFond sur sa proie et l'emporte à l'instant ; Ainsi la mort vient saisir sa victime : li] Contre elle en vain mon âme se défend. | | B
Non la colombe, ou la foible hirondelle, Quand elle voit un avide vautour ’ap- M Fendre les airs et s’abattre sur elle, D Ne craint pas plus que je crains en ce jour. …
Mes yeux frappés de mille objets funèbres, s. Portent au ciel des regards languissans ;
La mort déja les couvre de ténèbres, :
Et se saisit du reste de me sens.
Tout me refuse un sècours que j’implore ; Parens, amis, ils disparoissent tous;
Point de remède au mal qui me dévore :
Ciel! vous aussi m’abandonnerez-vous ? ::
‘Oui, c’est au ciel que j'adresse ma plainté;
C'est du Seigneur que j'attends mon secours ;
D Mais c'est du ciel que me vient cètte crainte:
tre, C'est le Seigneur qui va trancher mes joavs. ! :
Dans ce moment l’horreur de mon offense, Quoi! je 8 A mon esprit tout-à-coup vient s’offrir : Et n’aurai Tant de péchés! si peu de pénitence !
Et cependant je vois qu’il fant mourir Dieu Tou n Et laissez- Pourquoi, Seigneur, me conserver la vie, Que je jo Si je devois l’employer à pécher ? rai parto Dès le berceau m’eût-elle été ravie, Mon cœur n’auroit rien à se reprocher.
e le promé \ votre pe Plein de fe
Si vous vouliez me châtier en père, I Bénir en vo
Et si mes maux calmaient votre courroux:
. Alors, Seigneur, dans ma douleur amère,
Je goûterois les plaisirs les plus doux. Si cepen Si votre arr Je meurs, disois-je, et mon ame abandonne Ah! je con: Avec plaisir de dangereux objets. Mais receve Quel heureux sort, Seigneur! rien ne m'é-
tonne: … :
Vous m’appelez au séjour de la paix.