Ce regard, lumière divine
Resplendit sur mes jours mauvais, Et, comme un fanal, illumine
La route funèbre où je vais;
Il vient à moi lorsque je veille,
Il m'apparaît quand je sommeille.
Toujours, toujours je le revois;
Et toujours, quand il vient me prendre,
Je crois, tant il est doux et tendre,
Le voir pour la première fois.
3. Quand, sans le poids de ma misère^ Je languis le plus abattu.
Il me visite comme un frère Et me donne un peu de vertu.
Il semble me dire à cette heure:
«Il est un Avocat qui pleure Avec les coeurs humiliés; Pauvre pécheur, dis-lui ta peine.
Et jette, comme Madeleine, Toutes les douleurs à ses pieds!»
4. Mais c'est surtout quand je succombe Sous le mal qui me fait la loi,
Et renie ainsi dans la tombe Le Sauveur immolé pour moi:
C'est alors que, plein de tristesse, Le doux regard sur moi s'abaisse; Et moi, pâle et tremblant alors, Il me vient aussi, comme à Pierre, Des pleurs amers à la paupière.
Au fond du coeur un long remords.