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Recueil de chansons et poésies fugitives

Ne rêvant que gloire et lauriers Et voulant connaître la guerre , L'Amour un jour quitta Cythère Avec ses meilleurs guerriers j

L'arc à la niain , le casque en fête : « Amis , dit-il , force et gaîté ; (f Marchons avec fermeté , [bis.)

«De conquête en conquête. » (6is.)

Le brave et joli général Après ce discours militaire , Donne à sa troupe, jeune et fière Du départ l'heureux signal :

D'un ton de héros il commande Que l'on suive partout ses pas, Et tout droit aux Pays-Eas Il dirige sa bande.

Enfin Ton arrive , et voilà Qu'on aperçoit un monastère, Bientôt à la troupe guerrière Le commandant dit : « Halte là « Amis , vers cette forteresse « Dirigeons nos coups furieux ; « iSos vrais ennemis sont ceux « Qui font vœu de sagesse. »

(3) On pousse le cri du combat, Vite on dispose pièce et mèche , Et sans tarder Ton bat en brèche; On compte un héros par soldat.

Jalouses de sauver la place , Et priant le saint du couvent, Les Nonnes vont au-devant Du coup cpii les menace.

On se conduit en braves gens , Tour-à-tour on pousse, on repousse; Enfin , après mainte secousse , La brèche s'ouvre aux assiégeant.

Chaque guerrier se rendant maiire D'une sœur qu'il prend corps à corps, Après les plus grands efforts , La force à se soumettre.

On vit pour la première fois Un ennemi que l'on renverse, Chérir l'ennemi qui le perce, Et sourire à ses exploits :

Même on dit que, posant les armes .

Enfin à la pitié rendus , Les vainqueurs sur les vaincus Répandirent des larmes.

La paix faite, le général Cria : « Je veux qu'on m'obcisse, « Plus d'abbesse , plus de novice , « Qu'en ces lieux tout soit c'gal :

>< Mêmes plaisirs et même chère, « Pour toutes même place au chœur , « Et qu'aujourd'hui chaque sœur, « Ici devienne mère.

Voyant par la Tordre sauve' , On rend grâce à la Providence, Et pleine de reconnaissance , Chaque sœur répond : « Ave ! »

L'air plus hardi , l'âme plus forte r Jeune nonnain , depuis ce jour, ]Ne ferme plus à l'Amour , Pu son cœur ni sa porte.

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