RONDE
À l'occasion de la Paix générale t!e : 8 1 4*
Air : Kerse encor. (Note N°. 6.)
Gais lurons , Tirons , tirons , tirons , Tirons tous les bouchons
De nos vieilles Bouteilles;
Gais lurons , Vicions , vidons, vidons Autant de vieux flacons Qu'on tira de canons.
Dès son premier pas , Un prince qu'on adore,
Des tristes combats Fait cesser le fracas.
Grâce a ses bienfaits!
Nous entendons encore,
Le doux mot de paix Redevenu français.
Gais lurons , etc.
Nous avons chante' De ce bon roi de France ,
L'aimable bonté' , La noble fermeté'.
Qu'ici , de tout cœur , Notre reconnaissance
Le proclame en chœur, Roi , pacificateur.
Gais lurons , etc.
Pour d'autres combats , Amis , prenant des forces,
Non moins bous soldats , Mettons l'amour au pas.
Et , francs compagnons, Brûlons, au lieu d'amorces,
Le cœur des tendrons Qu'en tous lieux nous verrons.
Gais lurons, etc.
On n'entendra plus Dans ce gai monastère (z),
Les fils de Momus , Les prêtres de Bacchus,
Craignant un décret.
Se dire . « Cher confrère ,
u Au prochain banquet « Serons-nous au complet ? »
Gais lurons , etc.
Plus on ne viendra Marchander notre verve ,
Plus on ne dira :
« Chantez , on vous paîra. »
(i) Le Caveau moderne.
Libre en ses e'crits , Ici chaque Minerve ,
Saura bien , gratis , Chanter : vù>e Louis !
Gais lurons , etc.
Aux tristes propos Faisant la sourde oreille .
Versons à grands flots Le vin de nos tonneaux.
Ce n'est , mes amis , Que du jus de la treille,
Que nos lis chéris Doivent être rougis.
Gais lurons, etc.
On dit que le vin
Sait doubler un ménage ,
Que ce jus divin
Met les amours en train.
De Mars , de ses coups , Pour reparer l'outrage ,
En rentrant chez nous, Confrères , chantons tous:
Gais lurons , Tirons, tirons, tirons, Tirons tous les bouchons
De nos vieilles Bouteilles ;
Gais lurons , Vidons , vidons , vidons Autant de vieux flacons Qu'on tira de canons !