RONDE ÉPICURIENNE
Air noté N°. 9.
Choeur.
Gai, gai , c'est l'amitié Qui de nos jours rend la chaîne légère ,
Gai , gai , c'est l'amitié' Qui toujours est avec nous de moitié.
Éloigné des bras D'une tendre mère , Quand l'homme , ici bas, Risque un premier pas ,
Gai , gai , c'est l'amitié Qui le soutient en prenant la lisière ,
Gai , gai , c'est l'amitié Qui des faux pas lui sauve la moitié.
Un pensum maudit , Plus tard , au collège, Presque sans délit , Nous est-il prescrit ?
Gai , gai , c'est l'amitié Par qui bientôt notre peine s'allège ,
Gai , gai , c'est l'amitié Qui du pensum griffonne la moitié.
Lorsque les fleurons, Qu'au travail on donne , Au bruit des clairons, Décorent nos fronts , Gai , gai , c'est l'amitié A qui nos mains remettent la couronne,
Gai , gai , c'est l'amitié Qui nous la double en en prenant moitié
(G3) Que , n'aimant qu'un jour, Maîtresse trop chère , Change tour-à-tour De lit ou d'amour, Gai , gai , c'est l'amitié' Qui nous console en nous armant d'un verre Gai, gai , c'est l'amitié Qui de son vin nous verse la moitié.
Si, dans son courroux, Le destin contraire , Du besoin , sur nous , Fait peser les coups , Gai , gai , c'est l'amitié Qui vient nous tendre une main tutélaire ,
Gai , gai, c'est l'amitié Qui de son or nous ollie la moitié.
Que , dans ses loisirs , Femme un peu taquine Vienne , sans désirs , Troubler nos plaisirs j
Gai . gai , c'est 1 ami tic Qui sait entrer dans ce qui nous chagrine
Gai , gai , c'est l'amitié Qui du fardeau vient prendre la moitié.
Sur nous exerçant Son triste ravage , Qu'un feu terrassant, Brûle notre sang , Gai , gai , c'est l'amitié Qui sait , pour nous , adoucir le breuvage,
Gai , gai , c'est l'amitié Qui de nos maux nous ôte la moitié.
Quand , venant à moi , La parque sévère Dira : « C'est à toi « A suivre ma loi , »
Gai , gai , si l'amitié Est encor là pour fermer ma paupière ,
Oui , grâce à l'amitié !
De moi , la mort n'aura que la moitié.