‹ Recueil de chansons et poésies fugitivesChapitre 25 sur 60 · LE MOYEN EE FAIRE SON CHEMIN · texte numérisé non relu

LE MOYEN EE FAIRE SON CHEMIN

Air noie. N°. 12.

Pierrot partant pour la guerre,

Trompette d'un régiment , Avait appris que , pour faire Son chemin plus lestement, (t"s-)

Il faut d'une grande dame , Se faire un appui certain ; Et Pierrot au fond de l'àme , Se disait soir et matin :

« Je ferai (ter.) bien mon chemin,

« R'iin tin tin , rèia )

« Je ferai bien mon chemin, »

(36) Le trompette avait à peine

Quitte le foyer natal , Que , traversant une plaine , En rêvant sur son cheval ,

n voit une jouvencelle Pleurant , le front dans sa main :

« Il faut , dit-il , que c'te belle , « Pour avoir Pair si chagrin , « Ait perdu (ter.) queuqxhose en ch'rnin

c< Pi'lin tin tin , « Ait perdu queuq'chose en ch'rnin. »

Près d'elle bientôt le drille

Lui dit : « Qu'as-tu mon enfant?

— T'ai perdu , repond la fille , « La route du grand couvent.

— Reste avec moi , ma bergère; « JYaux ben un bénédictin :

« A matin1 on est. ma chère ;

« Pte promets qu'avant la fin , (. J te mettrai (te;-.) dans ton chemin ,

« R'lin tin tin , e pte mettrai dans ton chemin.

— Monsieur , dit la jouvencelle,

« Vous êtes ben obligeant ; »

Et, crac il la met en selle, Lui derrière , elle devant.

Pendant que trotte sa bête , Pierrot gagne du terrain :

« Mais , monsieur , dit la pauvrette , « Pourquoi qu'vous m'baissez la main ?

— (Test que j'prends (ter.) un aut' chemin ,

« FTlin tin tin , ■ C'est que j' prends un aut1 chemin. »

Le couple voyageur passe Tout auprès d'un gros pommier , Pierrot dit : « Ma bète est lasse , «Buvons la l'coup d'I'etrier. »

En deux sauts sui la fougère Fut assis mon aigrefin :

En trois tems à la bergère

Il donna de son brand1 viu Un p'tit coup (fer.) sus Tbord du ch'min,

rTlin tin tin , En p1 tit coup sus Tbord du ch' min.

De deux ou trois coups de suite,

Pierrot ayant fait raison, Lui dit : « Mou enfant, j' te quitte, « Du couvent via la maison !

« Adieu donc , adieu . la belle ; « A moi pens1 ras-tu demain ?

■ — Ah! puis-je oublier, dit-elle , « L'obligeant el bon humain , « Qui me mit (ter.) dans mon chemin ,

« R'iin tin tin , « Qui me mit dans mon chemin ? »

Pierrot prend sur sa monture

La route du régiment, Se disant : « Dans c' t1 aventure , « Je m1 suis montre' joliment; « Et puisqu'un1 fille d1 village « A si ben su m1 mettre en train, « Qu'un1 dame de haut parage , « Tienne k m1 tomber sous la main ,* « Je nmanqlai (ter.) pas d1 fair1 mon ch'min,

« R'lin tin tin , «Je n^ianq'r-ai pas d1 fair1 mon ch'min. »

Eu trottinant, il arrive Près de son vieux commandant , Dont la femme jeune et vive, Sourit en le regardant.

« Sous mes ordres, lui dit-elle, « Je te place dès demain , « Car je suis ta colonelle , « Et je veux , chaque matin, « Te montrer (ter.) le bon chemin , « Pv'lin tin tin , « Te montrer le bon chemin. »

Chaque jour notre trompette,

En brave et joli garçon,

Par une porte secrette ,

Allait prendre sa leçon ; Le commandant se présente, Pendant qu'ils étaient en train:

^( Corbleu ! chez la commandante >; Que fais-tu là si matin ?

— Vous l1 voyez (ter.) je fais mon ch'miiij

« R'lin tin tin , .; Vous T voyez je fais mon ch'min. «

(90) Après trois mois d'exercice , Le trompette était fourrier ; Après un an de service, Il se vit faire officier ; Et, montrant son épaule ttc, Le grivois , d'un air malin , A cliaq1 nouveau v'nu répète:

« C'est par 1' sexe féminin , « Que l'on fait (ter.) le mieux son ch'min, « R'lin tin tin , < Que l'on fait le mieux son ch'min.

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