LE MOYEN EE FAIRE SON CHEMIN
Air noie. N°. 12.
Pierrot partant pour la guerre,
Trompette d'un régiment , Avait appris que , pour faire Son chemin plus lestement, (t"s-)
Il faut d'une grande dame , Se faire un appui certain ; Et Pierrot au fond de l'àme , Se disait soir et matin :
« Je ferai (ter.) bien mon chemin,
« R'iin tin tin , rèia )
« Je ferai bien mon chemin, »
(36) Le trompette avait à peine
Quitte le foyer natal , Que , traversant une plaine , En rêvant sur son cheval ,
n voit une jouvencelle Pleurant , le front dans sa main :
« Il faut , dit-il , que c'te belle , « Pour avoir Pair si chagrin , « Ait perdu (ter.) queuqxhose en ch'rnin
c< Pi'lin tin tin , « Ait perdu queuq'chose en ch'rnin. »
Près d'elle bientôt le drille
Lui dit : « Qu'as-tu mon enfant?
— T'ai perdu , repond la fille , « La route du grand couvent.
— Reste avec moi , ma bergère; « JYaux ben un bénédictin :
« A matin1 on est. ma chère ;
« Pte promets qu'avant la fin , (. J te mettrai (te;-.) dans ton chemin ,
« R'lin tin tin , e pte mettrai dans ton chemin.
— Monsieur , dit la jouvencelle,
« Vous êtes ben obligeant ; »
Et, crac il la met en selle, Lui derrière , elle devant.
Pendant que trotte sa bête , Pierrot gagne du terrain :
« Mais , monsieur , dit la pauvrette , « Pourquoi qu'vous m'baissez la main ?
— (Test que j'prends (ter.) un aut' chemin ,
« FTlin tin tin , ■ C'est que j' prends un aut1 chemin. »
Le couple voyageur passe Tout auprès d'un gros pommier , Pierrot dit : « Ma bète est lasse , «Buvons la l'coup d'I'etrier. »
En deux sauts sui la fougère Fut assis mon aigrefin :
En trois tems à la bergère
Il donna de son brand1 viu Un p'tit coup (fer.) sus Tbord du ch'min,
rTlin tin tin , En p1 tit coup sus Tbord du ch' min.
De deux ou trois coups de suite,
Pierrot ayant fait raison, Lui dit : « Mou enfant, j' te quitte, « Du couvent via la maison !
« Adieu donc , adieu . la belle ; « A moi pens1 ras-tu demain ?
■ — Ah! puis-je oublier, dit-elle , « L'obligeant el bon humain , « Qui me mit (ter.) dans mon chemin ,
« R'iin tin tin , « Qui me mit dans mon chemin ? »
Pierrot prend sur sa monture
La route du régiment, Se disant : « Dans c' t1 aventure , « Je m1 suis montre' joliment; « Et puisqu'un1 fille d1 village « A si ben su m1 mettre en train, « Qu'un1 dame de haut parage , « Tienne k m1 tomber sous la main ,* « Je nmanqlai (ter.) pas d1 fair1 mon ch'min,
« R'lin tin tin , «Je n^ianq'r-ai pas d1 fair1 mon ch'min. »
Eu trottinant, il arrive Près de son vieux commandant , Dont la femme jeune et vive, Sourit en le regardant.
« Sous mes ordres, lui dit-elle, « Je te place dès demain , « Car je suis ta colonelle , « Et je veux , chaque matin, « Te montrer (ter.) le bon chemin , « Pv'lin tin tin , « Te montrer le bon chemin. »
Chaque jour notre trompette,
En brave et joli garçon,
Par une porte secrette ,
Allait prendre sa leçon ; Le commandant se présente, Pendant qu'ils étaient en train:
^( Corbleu ! chez la commandante >; Que fais-tu là si matin ?
— Vous l1 voyez (ter.) je fais mon ch'miiij
« R'lin tin tin , .; Vous T voyez je fais mon ch'min. «
(90) Après trois mois d'exercice , Le trompette était fourrier ; Après un an de service, Il se vit faire officier ; Et, montrant son épaule ttc, Le grivois , d'un air malin , A cliaq1 nouveau v'nu répète:
« C'est par 1' sexe féminin , « Que l'on fait (ter.) le mieux son ch'min, « R'lin tin tin , < Que l'on fait le mieux son ch'min.