‹ Recueil de chansonsChapitre 3 sur 80 · L'INVALIDE · texte numérisé non relu

L'INVALIDE

Ain : Tcu soiirii'ii-s-lu '.'

Noble soldat mutilé ])ai' la gloire, Dernier débris d'un temple dévasté, Tes ennemis, surpris de leur victoire.

Restent tremblants devant ta pauvreté.

Cent coups gagnés sur vingt champs de bataille T'ont fait pourtant un assez beau trésoi-; Comme un drapeau criblé par la mitraille, Pauvre invalide, ils te craignent encorl

Ils t'ont connu dans leurs cités parjures, Et chacun d'eux contemple avec effroi Ce vieil habit, et ces larges blessures Qu'ils t'envoyaient, en fuyant devant toi. Des rois honteux et des palais serviles Ton pied vainqueur brisait les trônes d'or... Un bâton seul soutient tes pas débiles... Pauvre invalide, ils te craignent enror.

Es-tu de ceux qu'une avalanche immense Sur l'Italie a jetés triomphants?

De l'Allemagne abaissant la distance, As-tu du Nord réveillé les enfants?

Es-tu de ceux que virent apparaître, En leurs déserts, l'Oural ou le Thabor? Soldat, tu fus de tous ceux-là peut-être... Pauvre invalide, ils te craignent encor.

Ravis enfin à leur lente agonie,

Tu soulevais les peuples aux combats.

Tu leur portais la gloire et le génie.

Et tu semais la France sous tes pas.

Partout, alors, de leur sainte cohorte

Ton bras guidait le généreux essor ;

Ton bras s'étend... mais un boulet l'emporte.

Pauvre invalide, ils te craignent encor.

L'heure a sonné, sens tressaillir la terre! La liberté parle à ses nourrissons ; Ton sang , versé sur la rive étrangère, A fécondé d'immortelles moissons.

Entends, entends l'hymne de délivrance : Un nom s'élève en un sublime accord , Un nom sacré : c'est celui de la France! Pauvre hivalide, ils t'appellent encor!

Li:S lUilNUS l)F MABILLK .

Ail- rnnini.

Pomaré, Maria, Mogador et Clara, A mes yeu\ enchantés Apparaissez, chastes divinités!

C'est sanjedi; dans le jardin Mabillo, Vous vous livrez à vos joyeux ébats ; C'est là qu'on trouve une gaîté tranquille, Et des vertus qui ne se donnent pas.

Le Cerbère crépu M'a déjà recoium,

* Je léclaine l'indulgence du hctcur pour les incorrections et les négligences dont fourmille cette chanson. Volontiers, je ne l'eusse pas publiée; mais comme elle est devenue populaire avec tons ses défauts, je n'ai pas cru pouvoir me dispenser de lui donner une pl.icc dans ce recueil.

Kt l'orcliestre... bravo!

Kst dirigé par monsieur Pilaiulo,

Voyez, là-bas, le sémillant iMercure.

Et ses fuseaux qui tricotent gratis, Représentant le Dieu qui nous récure, Kt la maison G*"* père et fils.

Dans un quadrille à part, Voici le grand Chicard, Avec grâce étalant Un pantalon, qui, dimanche, était blanc.

Ton noble front, ô grand roi de l'épocfue ! Porte le sceau de l'immortalité ; Mais, avec toi, ton ignoble défroque Veut-elle aller à la postérité?

Dans ton rapide essor, Je te suis, Mogador ; Partage mon destin.

Fille des cieux... et du quartier Latin.

En te faisant ^ belle d'élégance, Ton père eût dû songer, en même temps, A te doter d'un contrat d'assurance Contre la grêle... et d'autres accidents.

Maria, passe l'eau,

Laisse-là ton Prado :

Prodiges superflus!

L'étudiant, hélas! ne donne i)lus.

Que j'aime, autour de ta prunelle noire, Ce cercle bleu tracé par le bonheur ; Liste d'azur qui garde la mémoire Des amoureux effacés de ton cœur!

0 grande Pomaré, A ton nom révéré, Ton peuple transporté S'est incliné devant ta majesté.

Ah! cambre-toi, ma superbe sultane, Et sous les plis, que tu sais ramener. Fais ressortir ce vigoureux organe Que la pudeur me détend de nommer.

De ton humble sujet, Accepte ce bouquet Plus frais que tes appas, Et parfumé... comme tu ne l'es pas.

Je t'aimais mieux, lorsque, modeste et bonne, 0 Rosita, tu faisais cent heureux ; Ta tète alors n'avait pas de couronne.

Mais elle avait encore des cheveux.

" 0 charmante Clara, Professeur de Polka, J'aime mieux les ébats, Et les leçons que tu n'affiches pas.

Depuis dix ans, comment, sur cette foule, As-tu gardé ce prestige enchanteur?...

C'est que, toujours, ta fontaine qui coule, De tes attraits entretient la fraîcheur.

Coule, coule toujours.

Fontaine des amours :

Qui sait si, quelque jour.

Je n'irai pas y puiser à mon tour?...

Oui, tu vivras autant que la Chaumière, Oui, sur l'airain ton nom se gravera.

On a bien fait la fontaine Molière ; Je te promets la fontaine Clara.

En voyant ces beaux yeux.

Ce sourire amoureux.

Et cette gorge-là...

Qui ne dirait : la reine, la voilà...?

-Ah! que ne puis-je, en une folle orgie. Réunissant vos quatre majestés, Vous décerner, comme à l'Académie,

Uês i»ri\ Moiityoïi cic tuiitts (|iialili's.

Pomav»!, .Maria, -Moyadoi" et Clara, Quel superbe festin Je |)airai, quand.., il n en contera rien...!

VOLUPTF î

Air : Val.sc de diselle.

Plaisir suprême, adorable magie.

Prêtez un charaie à mes tendres accents : Venez, venez, près de mon Emilie, Remplir mon cœur et réveiller mes sens.

Loin les soucis !. . . arrière la contrainte ! Epanchez-vous, torrents des voluptés ; Et sur nos cœurs unis dans cette étreinte, Versez, versez vos trésors enchantés.

Vins généreux, enivrante ambroisie.

Sous vos rubis que naissent les plaisirs ! Et de la coupe, où ma raison s'oublie, Faites couler le trouble et les désirs...

0 ma sultane, ô ma belle maîtresse.

De ton amant partajre les transports ;

Viens sur mon cœur, ivre de mon ivresse; Viens dans mes bras riches de tes trésors.

De tes cheveux, aussi noirs que l'ébène,

Laisse tomber les flots au gré des vents ; Ah ! laisse-moi vivre de ton haleine, Voir par tes yeux et sentir par tes sens!

Lèvres de rose, épaule ravissante, Confiez-moi tous vos enchantements ; Marbre sensible et neige éblouissante, Dérobez-vous sous mes embrassements.

Presse ton cœur sur mon cœur qui s'agite ; Ta main tremblante en ma tremblante main ; Et que le cri de mon sein qui palpite, Trouve un écho palpitant dans ton sein.

Ah! qu'il est beau, ma superbe bacchante. De voir tes yeux rayonner de plaisir.

Et ton corps souple et ta gorge mouvante Sous mes baisers trembler et défaillir!...

Divine extase!... ô volupté !... je t'aime!.. Durez, durez, délice solennel !

Ah! puissions-nous, dans co moment suprême, Nous endormir i\u sommeil éloi'iiei!...

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