‹ Recueil de chansonsChapitre 37 sur 80 · LES HOMMES UTILES · texte numérisé non relu

LES HOMMES UTILES

Ain : J'ai va k Parnasse des dames.

Mon cher Edmond, qu'allez-vous taire?

Car enfin se croiser les bras.

Fumer, chanter, aimer et phiire.

C'est être inutile ici-bas.

Pour tous les homm*îs raisonnables Le travail doit être une loi ; Pour être utile à vos semblables, Mon cher, il faut prendre un enij)!»)!.

Suivez la loi de la nature ; Vendez à d'honnêtes bourgeois Des tissus à fausse mesure, Ou des aliments à faux poids.

Ou des romans interminal)les, Ou du savon rafraîchissant...

Pour être utile à vos semblables, Mon cher, faites-vous commer(.'ant.

Si l'uniforme militaire Sourit plus à votre raison, Allez goûter sur la frontière Les douceurs de la garnison; Ou poursuivre, au milieu des sables, L'Arabe d'Alger à Blidah...

Pour le repos de vos semblables, Mon cher, faites-vous donc soldat .

Ou bien consacrez vos années A guérir vos frères souffrants, Par la diète, par les saignées Kt les visites à dix francs ; Puis vos malades incurables Vous appelleront assassin...

Pour la santé de vos semblables, Mon cher, faites-vous médecin.

Ou défenseur plein de courage De tous les orphelins français.

Vous grugerez leur héritage, Mais vous gagnerez leur procès ; Et puis, tous les l)avards aimables Deviennent des hommes d'état...

Pour le bonheui" de vos semblables, Mon cher, faites-vous avociit.

— lit —

Mais non, demeurez inutile, Bravez le monde et ses brocards ; Restez paresseux et tranquille, Aimez les lettres et les arts ; Ayez des amis véritables, Fuyez le mal, cherchez le bien...

l*our le malheur de vos semblables, Mon cher, ne faites jamais rien.

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