‹ Recueil de chansonsChapitre 44 sur 80 · LES ECUS · texte numérisé non relu

LES ECUS

Musique de Barder.

Ma femme, le mariage N'est pas tout amusement ; Il faut régler son ménage Et s'amuser sagement.

Yois-tu bien, ma bonne amie, 11 faut de l'économie :

Dépensons peu ; mais surtout, Tâchons d'amasser beaucoup.

Un mendiant. (Parlé.) Monsieur, la charité, s'il vous plaît. — Laissez-moi, mon ami, je n'ai pas de monnaie.

— Mon ami, prenez-y garde, C'est vous que cela regarde.

— Ma femme, tu me comprends, Les écus font des enfants.

Certes nous avons d'avance De quoi vivre, et même plus;

— JGG —

Co n'est rion, si l'on no pense . A l)ien placer ses écus.

Tout ce que l'argent peut rendre, Il faut savoir le lui prendre ; L'eau va toujours à la mer, Et l'argent coûte si cher !

Monsieur, etc..

— Mon ami, prenez-y garde.

C'est vous que cela regarde.

— Ma femme, tu me comprends.

Les écus font des enfants.

De vingt mille francs de rente Que l'on fait fructifier, On peut bien en tirer trente Au moins, sans faire crier.

Avec dix, ou douze, ou treize.

Nous vivrons fort à notre aise; Tout le surplus de nos frais Produira des intérêts.

Monsieur, etc..

— Mon ami, prenez-y garde, C'est vous que cela regarde,

— Ma femme, tu me comprends.

Les écus font des enfants.

Avec lu chance commune

Seulement, vois, dans vingt ans, Quelle superbe fortune Pour établir nos enfants, Doux gages de notre flamme...

Nous en aurons deux, ma femme ; Nos calculs seraient perdus, S'il en venait un de plus.

Monsieur etc..

— Mon ami, prenez-y garde, C'est vous que cela regarde.

— Ma femme, tu me comprends Les écus font des enfants.

De ce que le ciel nous donne Jouissons honnêtement ; Ainsi, sans nuire à personne, Nous vivrons en nous aimant.

La plus maligne satire Sur nous n'aura rien à dire; Et, quant à faire du bien.

C'est bon pour ceux qui n'ont rien.

Monsieur, etc..

— Mon ami, prenez-y garde, C'est vous que cela regarde.

— Ma femme, tu me comprends, Les écus font des enfants.

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