‹ Recueil de chansonsChapitre 64 sur 80 · LES CONFESSIONS · texte numérisé non relu

LES CONFESSIONS

Victor, buvons. — Buvons, Adèle; La vérité sort du tonneau.

— Tu fus constant. — Tu fus fidèle.

— Que c'était bon ! — Que c'était beau ! — Je ne crois plus à tes promesses.

— Je me moque de tes serments.

— Victor, buvons à tes maîtresses.

— Buvons, Adèle, à tes amants.

Lorsque je te connus, Adèle...

— Quand jeté rencontrai, Victor...

— Ta fleur était presque nouvelle.

— Tu n'avais pas vingt ans encor.

— J'étais dupe de tes tendresses.

— Et moi, de tes beaux sentiments.

— Allons, Victor, à tes maîtresses.

— Allons, Adèle, à tes amants.

— Je vois encor notre chambrette.

— Je vois toujours notre fauteuil.

— Te souvient-il de ma toilette?

— Te rappelles-tu mon orgueil?

— Le jour était plein de caresses...

— La nuit, grosse d'événements!...

— Allons, Victor, à tes maîtresses.

— Allons, Adèle, à tes amants.

— Ingrat! comme je fus trahie!

— Ingrate ! comme j'étais bon !

— J'ignorais Hortense et Julie.

— J'aimais Alexandre et Léon.

— Soyons cléments pour ces traîtresses.

— Pour ces traîtres soyons cléments.

— Allons, Victor, à tes maîtresses.

— Allons, Adèle, à tes amants.

— Mais depuis ces beaux jours de fêtes.

— Mais depuis ces temps fortunés...

— Que de victimes as-tu faites?

— Que de gens as-tu ruinés?

— Combien as-tu chanté de messes?

— Combien as-tu fait de romans?

— Allons, Victor, à tes maîtresses.

— Allons, Adèle, à tes amants.

Adèle, tout me remémore...

— Oui, Victor, nos vieilles amours.

Je pense que je t'aime encore.

Je crois que je t'aime toujours.

■Tu mens, quoique tu te confesses.

• Tu te confesses, mais tu mens.

■ Ah ! bah ! tant pis pour mes maîtresses !

• Ah ! bah ! tant pis pour mes amants !

Page 1