‹ Recueil de chansonsChapitre 77 sur 80 · LA SOLUTION · texte numérisé non relu

LA SOLUTION

On nous promet des merveilles ; Nous interrogeons les cieux ; Nous ouvrons les deux oreilles, Nous écarquillons les yeux.

Bon, bon ! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire , Et qui fera ce qu'il faut.

Par les passions contraires Les hommes sont désunis; Kt nous avons tant de frères, Que nous n'avons plus d'amis.

Bon, bon ! liemplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haul.

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

Chaque cause a son apôtre ; L'un prétend que Dieu le veut :

Dieu ne le veut pas, dit l'autre ; Entendez-vous, s'il se peut.

Bon, bon ! Remplis mon verre, Nous avons quelqu'un là-haut.

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

Mon portier, tous les dimanches, Est rouge comme le feu ; Mes blanchisseuses sont blanches ; Mon marchand de vin est bleu.

Bon, bon! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

Un malade se lamente ;

Il appelle un médecin

Il en vient sept cent-cinquante

De la Garonne au Bas-Rhin.

BoU; bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

L'un l'attaque par derrière, Avec des moyens nouveaux.

Il lui faut du riz, dit Pierre ; Paul ordonne des pruneaux.

Bon, bon! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

11 n'est plus temps que l'on rie :

Armons-nous et combattons; Il faut sauver la patrie; Nous sommes bourgeois... votons !

Bon, bon! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut

Qui sait ce qu'il faut faire.

Et qui fera ce qu'il faut.

La patience a ses bornes ; Voisin, il faut en finir :

Nous allons montrer les cornes; Qu'on sache à quoi s'en tenir.

Bon, bon! Remplis mon vorre; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire.

Et qui fera ce qu'il faut.

Prenons de sacrés emblèmes Pour effrayer les poltrons :

Faisons-nous peur à nous-mêmes, Quand nous nous regarderons.

Bon, bon ! Remplis mon verre ; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire.

Et qui fera ce qu'il faut.

Nous voulons un capitaine Digne de pareils soldats :

Nommons tous Croquemitaine, Pour qu'il ne nous mange pas.

Bon, Bon ! Remplis mon verre , Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

Que chacun à nu se montre :

Mes amis, dépouillons-nous,

Ètes-vous pour, ou bien contre .

Sacrebleu ! Prononcez-vous!

Bon, bon! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

La nature est immortelle ; Il est encor de beaux jours; i^Ia maîtresse est toujours belle, Mes amis m'aiment toujours.

Bon, bon ! Remplis mon verre; Nous avons quelqu'un là-haut,

Qui sait ce qu'il faut faire, Et qui fera ce qu'il faut.

LE PHALANSTERE.

Tu veux, mon gaillard, Changer la machine ronde,

Et faire, un peu tard, Le bonheur de tout le monde ? —

Ah ! tant mieux !

Rendons les hommes heureux,

Mon compère ; Rendons les hommes heureux, Et vive ton phalanstère,

Mon compère!

Pour guérir nos maux, Voyons, que fais-tu ? — Des phrases?

Tu forges des mots, Tu nous ranges dans des cases? —

Bien plutôt.

Donne-nous la poule au pot.

Mon compère ; Donne-nous la poule au pot.

Et vive ton phalanstère, Mon compère !

Du monde surpris Tu rétablis l'équilibre ;

Heureux les maris !

La femme redevient libre!.. —

C'est un tort ; Rends-la fidèle d'abord,

3Ion compère; Rends-la fidèle d'abord , Et vive ton phalanstère, Mon compère !

Sans doute la mer T'a rendu souvent malade :

De son Ilot amer Tu fais une limonade. —

Sois plus fin :

Change l'océan en vin,

Mon compère ; Change l'océan en vin.

Et vive ton phalanstère, Mon compère!

On me dit tout bas Que, comme faveur dernière.

Tu nous orneras U'un bout de queue au derrière.

Mais avant,

Embellis-nous par devant,

3Ion compère ; Embellis- nous par devant, Et vive ton phalanstère,

Mon compère 1

Tu n'es qu'un savant ; Mais je vois tes camarades

Traduire souvent Tes leçons en barricades... —

Halte-là !

On peut s'aimer sans cela ,

Mon compère; Va, crois-moi, restons-en là, Et laisse ton phalanstère.

Mon compère.

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