LE MAL AU CŒUR
a) C'était un' jeun' fille
Un' jeun' fille de quinze ans.
On dit en vérité . Qu'eir voulait se marier
Elle portait la dentelle Des chemises à manchettes Des beaux souliers mignons Pour plaire à son amant.
Quand son amant Arrive la chercher :
Allons, ma mignonne, Allons nous promener.
Si la chaleur est grande Nous nous mettrons à l'ombre Car la chaleur de l'été Gâterait vot' beauté.
Sa bonne maman Qui la voit venir :
Tiens, voilà ma fille Qui vient d' se divertir.
Petite divertissante •
Petite coureuse de danse, Dit'moi la vérité Comm' vous et' mai coifTée !
"Lasse?, c'est-ù-dire malheureuses.
Ma bonne maman, Faites-moi mon lit J'ai z'un grand mal li' tt\te En danger de mourir.
J'ai mangé la salade Qui m'a rendu malade Ou que c'est la liqueur Qui m'a fait mal au cœur.
Sa bonne maman S'en va bien vite Chercher le médecin Pour v'nir voir sa fille.
Beau médecin de ville Venez vit' voir ma fille Venez vit' promptemcnt Car moi je vais devant.
Quand le médecin ,
Fut arrivé :
Dites-moi, la belle Le mal que vous avez?
J'ai mangé la salade Qui m'a rendu malade Ou bien c'est la liqueur Qui m'a fait mal au cœur.
Environs de Loiient.
Fragment
b) — Allons, ma mie, à l'ombre
Voici la chaleur qui tombe Lo7j, Ion, la, la, deri, dera, La chaleur de l'été Gâtera votre beauté.
— L'oisiau qu'est sur la branche, Qui boit, qui rit, qui chante : Lo)i, Ion, la, la, deri, dera, N'a pas tant de bonheur Que j'ai d'amour dans le cœur.
Jamet Massicault, Thibaut {iom;in beiriebon), p. 80.