TES COTILLONS SONT COURTS
Aval din lo ribièro
Y echpandount lou velours,
Lou l'y echpandount net et dzour,
Moun païré, que nia pacho,
Treis cavaliers ou dous.
Loous dous l'oount chaludado
Et l'aoutré ly o dit ré.
Hé, la, che dit la paouro,
Qu'aï fat a l'aoutré
Que ne m'adzio ré dit?
Torno do miédza légo Per li dire boundzour.
Boundzour, belo bruneto.
Quant vendez lou vélour?
— Lou vendi chént francs l'aouno, Mouchur, n'en voulez- vous?
Qu'eï pas de vélour qu'ieou voli Qu'eï ma vochtras amours.
Galant, chi m'amour volé Lo te tsal daraanda
A moun païré, a ma maïré A moun. fraïré l'éïna.
— Bruneto, ché grouïchéto.
— Grand lourdaou dé villadzé A que j'-ou couneïchés vous?
— J'ou counéichi a to mino A ta pâlas coulours
Lou davantal t'en levo
Toous coutillous chount courts.
Traduction : Là-basdans la vallée, — on étend le velours, — ils l'y étendent nuit et jour,— mon père, il passe — trois cavaliers ou deux. — Les deux l'ont saluée —et l'autre ne lui a rien dit. — Hélas! seditlapauvrette — qu'ai-je fait à l'autre,
— qu'il ne m'a rien dit?— Il revient d'une demilieue — pour lui dire bonjour. — Bonjour, belle brunette, — combien vendez-vous le velours?
— Je le vends cent francs l'aune, — monsieur, en voulez-vous ?— Ce n'est pas de velours que je veux — ce n'est que vos amours. — Galant, si tu veux mon amour, — il te faut la demander, — à mon père, à ma mère, — à mon frère l'aîné. — Brunette, tu es grosse. — Grand lourdaud de village, — à quoi le connaissez-vous ?
— Je le connais à ta mine, — à tes pâles couleurs, — le tablier t'en lève, — tes cotillons sont courts.
Bas Limousin. — Comm. par M. G. de Lépi
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