LA FILLE AU COUVENT DES MOINES
Là-haut, dans ce couvent, ^9 II y a-t-un moine blanc
Et puis dans sa chambrette Un' fiir de quinz' à dix-huit ans.
A la messe il est allé,
La fillette il a laissée.
Elle en a pris la boîte à l'encre
S'en est frotté ses belles temples.
Et des temples jusqu'au menton Et du menton jusqu'au front Elle a frotté sa belle gorge Croyant qu' c'était de l'eau de rose.
* Variante : O la fille de l'hoté ! (c'est-à-dire : avec la liUe de la maison).
Quand le moine il est venu,
Il a cric : holà! Jésus !
Accourez tous, mes frères, ensemble.
J'ai le grand diable dans ma chambre.
Tous les moines, ils sont venus, Un pied chaussé et l'autre nu ; Un portait l'étole, l'autre l'eau bénite Pour conjurer cette petite.
Frères, frères, ne me conjurez pas.
Je suis fille, n'en doutez pas, Voici deux mois ou six semaines Que je couche avec ce bon mouêne.
Frère, frère, qu'as-tu fait là?
Tu seras battu, n'en doute pas.
Tu recevras la discipline De tout le long de ton échine.
Frappez, frères, frappez fort, Frappez toujours, frappez encore, Souvenez-vous que la pareille Vous pend à chacun à l'oreille.
chanson communiquée par M. G. de Lépinay.
b) Pour aller chanter Matines
Laissons dormir Jacqueline.
Jacqueline s'étant levée Elle prit la bouteille d'encre.
Elle s'en lava les tempes
Elle s'en lava le front
Elle s'en lava la gorge
Croyant qu' c'était d' l'eau de rose.
Quand le moine fut revenu
Il alluma la chandelle
Pour envisager sa belle.
Courez tous, mes frères, ensemble
Le grand diable est dans ma chambre;
Apportez la croix, la bannière Pour conjurer cette bête.
Les moines y ont tous couru Un p'ed chaussé et l'autre nu.
Mes frères, n'y conjurez point Je suis fille de grand bien ; J'ai passé ma quarantaine Avec ce ribaud de moine.
Ah ! va, frère Nicolas, Le père gardien le saura ; Tu auras'la discipline Pour l'amour de Jacqueline.
Pays Messin
LE FANTO.ME
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Quien Pie. rot , Veux-tu sça.voir, U . ne si tar.ribe his .
toi.re. Ce fu» a refrain .
vant
hier
au soir.
Que
m''ar..ri vit cette af .
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fai.re; Quien mor gue
quien, si
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vois. Pour moi je
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crois que t'en mour.rois,- D''u ne fray eur mor tel. .le.
Quien, Pierrot, veux-tu sçavoir.
Une si tarrible histoire,
Ce fut avant-hier au soir.
Qui m'arrivit cette affaire.
Quien, morgue, quien, si tu sçavois.
Pour moi, je crois que t'en mourrois,
D'une frayeur mortelle.
J'allis droit, après souper.
Pour passer la nuit sur l'harbe ; C'étoit pour y mieux garder Les bleds qui étoient en jarbe.
J'étois, je ne sçai comment ; De dormir j'eus grosse envie ; De retourner promptement Il me vint en fontaisie.
Sans brit, tout de go, j'entris Dedans noute masonnette ; Aussitôt je m'approchis Tout doux de noute couchette.
Noute femme atoit au lit,
Je n'avions point de chandelle,
J'avisis un gros asprit
Tout du long couché près d'elle.
Je cryis saisi d'effroi Gomme un couchon qu'on égorge:
A moi, mes voisins, à moi, Ma maison d'esprits regorge !
Je m'enfouis dans un coin, Fiché contre la muraille Et j'avisy de bien loin Tout gros comme une futaille.
A la parfin il sortit Tout fin blanc comme une torche; J'acoutis tout ce qu'il dit, D'une lorgnette d'approche.
Quand fut loin l'asprit subtil Dis-je à noute minagère :
Va-t-en battre le fusil.
Qu'on cherche avec la lumière.
Air qui n'avoit rien santu Disoit que j'étois yvrogne ; Çtanpandânt je n'avois bû Danhui avecque parsonne.
Faut qu'ait des gens bien méchants De venir de l'outre monde Faire peur aux pauvres gens Et pis après qu'en les gronde.
J'ai juré quand y vianra Pis qu'aile y raille son homme De fouir et la laisser là A la marci du fantôme.
Chanson semi-populaire. — Ballard, Les Rondes à danser, 1724.